La journée d’hier qui était une journée de réception a été mise à profit par les propriétaires des fusils confisqués lors de la décennie noire, afin de voir ce que le wali pouvait leur apprendre de neuf à ce sujet. Ils étaient une centaine, hier vers 9 heures, devant le siège de la wilaya à attendre une audience de ce responsable. Une information avait circulé la semaine dernière, selon laquelle ce dernier aurait fait le déplacement alors à Alger pour régler ce problème qui dure depuis plus d’une dizaine d’années. Le porte-parole de ces propriétaires qui seraient aujourd’hui plus de 7 000 a bon espoir : le wali avait sans doute une bonne nouvelle à leur annoncer. Aussi ne pouvait-il cacher son impatience en attendant l’heure d’être reçu. Selon lui, ce contentieux a trop duré. «J’ai fait part de vive voix de notre doléance au ministre de l’Intérieur lors de sa visite à Bouira, le 29 octobre dernier, et il nous a promis de s’en occuper dans les plus brefs délais.» Sur le visage des manifestants qui l’entourait, une expression de lassitude et d’incompréhension se lisait. Pour certains, dont Moussa, il y a deux poids de mesure dans le traitement de ce dossier : il y a ceux dont les fusils confisqués par la police ont été restitués, et ceux dont les fusils qui ont été confisqués par la gendarmerie et qui attendent toujours qu’on les leur rende. Selon ce groupe de mécontents, leurs armes sont louées aux sociétés de gardiennage. «Cela rapporte 72 millions de dinars par an», s’indignaient-ils. «Nous en avons un pressant besoin. Nous avons notre propre sécurité et celle de nos biens à assurer. Il y a les voleurs, les animaux sauvages. L’autre jour, à Tablat, deux personnes avaient été attaquées par une hyène. Il y a, enfin, les sangliers qui menacent nos champs et nos récoltes. Nous devons nous défendre et défendre nos biens», s’insurgeait un autre mécontent. Enfin, ont été évoqués avec insistance les fusils importés et bloqués au niveau de la douane. Bref, un sentiment d’indignation face à ce que la centaine de manifestants, défendus par une dizaine de policiers, considèrent comme une injustice soulevée hier devant le siège de la wilaya. Aux environs de midi, le wali recevra le groupe représentant les protestataires. À leur sortie de l’entrevue, Guerrach Abdelkader, porte-parole, nous dira que le wali leur avait affirmé que le problème est en passe d’être réglé et qu’il procède par étape. La première étape consiste à restituer les armes (plus de 300 fusils) à leurs propriétaires décédés. Seulement, faute d’entente entre eux, les ayants droit n’ont pas répondu à l’appel pour récupérer leurs armes. La deuxième étape consisterait à indemniser les propriétaires. Chose que refusent les propriétaires. «Nous voulons nos armes, pas de l’argent», dira à ce propos notre interlocuteur qui invite les autorités à accélérer la cadence.
A. B.
