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Chemini a soif

Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, plusieurs villages de la commune de Chemini sont privés de l’eau potable. Une panne sèche que d’aucuns ne s’attendaient à ressentir en cette période de l’année.

«Les robinets sont à sec ! Nous sommes alimentés qu’à raison d’une fois par semaine en eau potable. Le hic est que cette quantité est tellement infinitésimale que ça ne nous permet aucunement de remplir un jerrican», tempête un sexagénaire du village Boumelal. Même son de cloche auprès des autres villageois qui nous ont transmis leurs inquiétudes quant à cette disette qui ne dit pas encore son nom. La crise d’eau que connait la commune de Chemini n’est pas prête de connaitre son épilogue. Les 25 villages que regroupe cette localité vivent dans une pauvreté hydrique sans précédent. Les robinets sont presque à sec vu la faible ration allouée à chaque foyer, à raison d’une fois par semaine. Il est tout de même ahurissant que toute une localité soit réduite à consommer cet or bleu avec parcimonie, d’autant plus que les responsables locaux ont promis à moult reprises d’en finir, une fois pour toutes, avec cette crise cyclique. «L’absence de la pluviométrie nous pénalise énormément. Les forages de la commune implantés en contrebas de la commune, à Takrietz, sont presque à sec», avance un élu de commune éponyme. Les différents exécutifs ayant pris les rênes de la municipalité n’ont pas trouvé une solution idoine pour étancher la soif d’une population qui n’a que trop souffert du stress hydrique. Les promesses «mirobolantes» faites par l’exécutif communal de pallier cet épineux problème ne voient pas encore le jour. La crise d’eau suscite énormément l’ire de la population locale, qui ne comprend guère la passivité et le lymphatisme des pouvoirs publics devant une situation d’urgence accouchant d’énormes désagréments aux ménages. Certains comités de villages ne comptent pas rester les bras croisés devant cet état de fait si rien n’est entrepris pour régler cet épineux problème, qui n’a que trop duré. Le mécontentement traduit le ras-le-bol des villageois quant à l’impuissance des autorités locales à trouver une solution à la crise d’eau touchant de plein fouet toute une région. «Cette panne sèche en eau potable nous contraint d’acheter cette source au prix fort. Une citerne de 2 000 litres nous revient à 1 400 dinars. C’est ahurissant ! C’est une dépense inutile qui ne devrait nullement se rajouter à notre budget. Une chape de plomb pour notre maigre bourse», déplore un père de famille .

Bachir Djaider

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