La faible récolte des olives de cette année dans la région d’Aïn El Hammam n’a pas tardé à se répercuter sur la bourse des citoyens, déjà laminée par les différentes hausses de produits des prix des consommation courante.
Le rendement d’huile, jugé très en deçà de la moyenne, représente une aubaine pour de nombreux commerçants, opportunistes, qui profitent de telles situations pour engranger des dividendes. Connaissant les montagnards comme de grands consommateurs d’huile d’olive qu’ils achèteraient à n’importe quel prix, ils se rendent dans les régions à production importante pour s’approvisionner à des prix préférentiels en ce produit sans lequel le couscous n’en serait pas un. C’est ainsi que le prix du litre d’huile, stable ces dernières années avec une moyenne de six cents (600) dinars, a vite grimpé pour atteindre les soixante-dix (70) dinars et plus en certains endroits. Les habituels revendeurs qui viennent de la région de Béjaïa, de Tazmalt principalement, n’ont pas tardé à leur emboiter le pas. Les clients continuent d’acheter, non pas par jerrican de vingt litres comme d’habitude, mais par bouteille de deux à cinq litres. Rares sont ceux qui pensent à s’en approvisionnent pour la consommation d’une année. «Les producteurs spéculent trop à chaque saison. D’ici la fin de la campagne, on sera fixé sur le prix réel de l’huile», nous dit un vieil homme. Au marché hebdomadaire, l’huile locale est difficile à trouver, en ce sens que la plupart des paysans n’ont produit que l’équivalent de leur consommation familiale. L’un d’eux, connu pour dégager un surplus à chaque saison, nous confie que son huile est «vendue avant la récolte. Je ne suis pas arrivé à satisfaire la commande de mes clients habituels que j’ai dû limiter à vingt litres chacun. Le manque d’eau et surtout la chaleur de l’été dernier ont compromis la récolte de cette année». Les prix pratiqués au niveau d’une huilerie, référence en la matière, que nous avons visitée, ne diffèrent nullement de ceux pratiqués sur le marché hebdomadaire. Malgré les quelques fûts stockés dans un coin, le propriétaire n’en démord pas : «De toute façon, elle (l’huile) ne baissera pas, elle ne peut qu’augmenter, à l’instar de tous les autres produits. Pourtant, la première huile, fraichement sortie des pressoirs, a été cédée, il y a peu, à six cents cinquante (650) dinars. Ce qui laissait présager de la stabilité des prix, puisque la récolte est faible mais pas nulle.
A. O. T

