Il est maintenant bien établi que la wilaya de Tizi-Ouzou est sale. Les assises sur l’environnement, organisées il y a plus de deux ans, n’ont abouti à rien. L’échec est bien reconnu par ses initiateurs. Les campagnes de sensibilisation, les volontariats organisés ça et là à travers le territoire de la wilaya n’ont abouti à rien. Le concours du village, de la ville et du quartier les plus propres n’a pas atteint l’objectif escompté à savoir créer une dynamique et une concurrence entre villes, villages et quartiers pour plus de propreté. Que faut-il faire, assister sans rien faire à la dégradation de la nature et de l’environnement, en continuant de vivre dans des villages et des villes poubelles, ou alors faut-il passer à l’action ? Une question sur laquelle les pouvoirs compétents sont invités à réfléchir dans l’urgence, parce que la situation urge tout simplement. Signalons que les exemples de pollution de l’environnement ne manquent pas. À partir de Maâtkas, au sud de Tizi-Ouzou, jusqu’au Ouadhias en passant par Souk El-Tenine, Mechtras, Boghni, Tizi N’Tléta, Agouni Gueghrane, l’état des lieux est catastrophique pour ne pas dire honteux. Les abords des routes, les oliveraies, les maquis et les forêts pullulent de détritus. Les sachets noirs, les canettes vides, les bouteilles et d’autres déchets hétéroclites malmènent la vue et les paysages. Les décharges sauvages foisonnent, Ighil Oumenchar dans la commune de Souk El-Tenine, Tizgui dans la commune de Tizi N’Tléta, la décharge à l’entrée d’Agouni Gueghrane et les exemples ne manquent malheureusement pas. À Ouadhias, la pollution par le talweg des eaux usées est une donne que les riverains ont de tout temps rejetée. À Mechtras, la pollution menace d’être générale d’autant plus que la région est par excellence hydrique. Les dégâts sont déjà importants puisque les puits, les oueds et les fontaines sont déjà pollués. On craint maintenant la pollution de la nappe phréatique. Ce qui sera très dangereux. Pendant ce temps, la station d’épuration inscrite à l’indicatif de cette commune demeure au stade d’intention. Le CET de Boghni est toujours non opérationnel malgré son achèvement, à Agouni Gueghrane la décharge communale n’est toujours pas opérationnelle, à Ouadhias le projet de l’ovoïde et de la STEP sont en mode veille. À tout cela s’ajoute les multiples rejets qui vont droit au barrage de Taksebt. N’est-il pas grand temps de dépoussiérer tous ces projets et d’en inscrire d’autres pour remédier à cet état des lieux des plus honteux ? N’est il pas temps de créer une police de l’environnement pour verbaliser les pollueurs ? N’est il pas temps d’encourager la récupération et la transformation des déchets par la création de petites entreprises ? C’est la crise, nous avons besoin d’argent et d’emploi. N’est il pas encore temps d’introduire le chapitre environnement dans les programmes scolaires ? Les solutions existent et ne demandent pas de grands moyens, il suffit juste d’un peu plus de volonté.
Hocine T.
