Aïn El Hammam Il a animé une vente-dédicace, mardi – Belaid Abane rencontre ses lecteurs

Il y a bien longtemps que Aïn El Hammam n’a pas connu de manifestation culturelle digne de ce nom. Comme par hasard, le dernier conférencier que le public local a eu à écouter lors de la présentation de son livre à la salle de cinéma, est le défunt Abdelhafidh Yaha. Mardi dernier, une fois n’est pas coutume, une librairie de la région a renoué avec cette activité qui manque tant aux citoyens de l’ex-Michelet. Le carrefour du centre-ville est subitement devenu le carrefour du livre même si c’est en un laps de temps relativement cours. En moins d’une heure, en effet, Belaid Abane a épuisé son stock de livres qu’il était venu dédicacer aux érudits locaux. Les derniers arrivés avaient tort et doivent aller, ailleurs, chercher cet ouvrage. Un algérois, quinquagénaire, venu spécialement pour «cette vente en présence de Belaid», nous dit qu’il a beaucoup entendu parler de cet écrivain et de ses livres, au point où il n’a pas résisté à «l’idée de venir en prendre possession quel qu’en soit le prix». Pour beaucoup d’autres, férus de lecture ou simples amateurs, la présence de l’auteur de «Nuages sur la révolution Abane au cœur de la tempête» à Aïn El Hammam, en ce jour de marché a été l’occasion pour renouer avec la chose littéraire dans «une région où peu d’événements de ce genre ont la chance d’arriver», comme nous dit Mourad. La librairie Ait Taleb où devait se dérouler la vente dédicace du livre n’a jamais connu une telle affluence. Elle était devenue, ce jour-là le centre d’attraction des curieux venus au marché et qui se demandaient quelles étaient les raisons de cet attroupement hors du commun. «On ne savait pas que les gens de Michelet étaient si passionnés par les livres», nous dit un passant. Même les organisateurs qui ne soupçonnaient pas que l’ouvrage allait avoir un tel succès, étaient pris de court. Le prix du livre fixé à mille deux cents dinars n’a pas empêché des dizaines de lecteurs d’en acquérir. Hacene parle d’un «franc succès», justifiant sa remarque par l’audience dont avait bénéficié le neveu de Ramdhane Abane, ce professeur d’université en médecine, diplômé en sciences politiques, qui s’était entretenu avec de nombreux lecteurs de la région. Pourtant, peu de publicité avait été faite auparavant à cette vente que la plupart de ceux qui étaient venus ont apprise par hasard. «Il aurait fallu placarder des affiches dans les villages et les communes voisines et ne pas se limiter aux murs de la ville», nous dit un enseignant qui a appris la nouvelle par l’intermédiaire de ses collègues. Par ailleurs, la journée du vendredi, jour de repos de nombreux cadres qui travaillent en dehors de la commune, aurait été plus indiquée pour les faire profiter de la rencontre. De telles initiatives, de préférence dans une salle et non dans la rue, sont à encourager.

A. O. T.