« Agir » en action

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C’est à l’issue de leur quatrième atelier de formation, portant sur les techniques de rédaction et de communication, tenu le week-end dernier au CLS de Bouira, que les membres de l’association pour l’environnement « Agir » de Bouira, ont décidé de passer à l’action, et ce, par le biais d’une déclaration-appel pour la préservation de l’environnement local et la valorisation du patrimoine naturel et culturel de la wilaya de Bouira.

D’après les rédacteurs de cette missive, il s’agit d’un «appel» à l’adresse des citoyens de la wilaya de Bouira et qui a comme premier objectif «d’attirer l’attention, de faire découvrir, connaître, aimer et protéger la nature et l’environnement de Bouira». Dans la même requête, les activistes de l’association «Agir» assurent également que «cette déclaration jette les ponts pour une charte pour l’environnement à Bouira, sur laquelle nous avons déjà commencé à travailler juste après cet atelier, car ça été une des conclusions de cet atelier. Dès lors, avant la fin du projet, on aura élaboré ensemble avec l’aide d’experts la charte de l’environnement de Bouira». Ainsi, plusieurs aspects du programme de l’association pour la préservation de l’environnement local, ont été inclus dans cet appel. Parc national du Djurdjura, écotourisme, biodiversité et lutte contre les incendies, gestion des déchets, traitement des eaux usées, protection des zones agricoles et équilibre des extensions urbaines et industrielles ainsi que la nécessité de l’instauration d’un développement socio-économique, sont les points inclus dans l’appel en question, et pour lesquels l’association «Agir» s’engage à trouver des solutions concrètes et des alternatives valables, à même d’assurer un équilibre entre le développement économique et la protection de l’environnement de la région. Une pétition sur internet a été déjà mise en ligne ; des centaines de citoyens de la wilaya ont déjà approuvé et signé le document, via le lienwww.causes.com/ Ma nature, Mon amour.

Parc national du Djurdjura (P.N.D) : Ecotourisme et lutte contre les incendies

S’étalant sur une importante superficie à cheval entre les wilayas de Bouira et de Tizi-Ouzou, le parc national du Djurdjura est, sans doute, l’une des importantes réserves naturelles de la région nord africaine, voire du monde entier. Au niveau de la wilaya de Bouira, ce parc regroupe une multitude de sites naturels, à caractère touristique par excellence, et qui attirent des centaines de milliers de touristes chaque année. Il engorge également plusieurs espèces de plantes, d’arbres et d’animaux menacés de disparition et dont l’Etat mobilise des moyens importants et une armada de textes juridiques pour leur protection. C’est à cet effet que les membres de l’association «Agir» mettent l’accent sur l’importance du PND pour l’équilibre écologique de la wilaya de Bouira. Ils exhortent les responsables locaux à maintenir le cap et à redoubler d’efforts pour sa préservation. «Le Parc national du Djurdjura fait partie intégrante de notre patrimoine écologique et culturel, pour les habitants de la région comme pour l’ensemble des Algériens ; il représente un héritage à préserver pour l’humanité. À ce titre, il doit faire l’objet d’une gestion et d’une attention toute particulière de la part des autorités locales et nationales. La responsabilité de chacun d’entre nous doit également être de mise à ce propos», lit-on dans leur déclaration. Le développement d’un tourisme respectueux de l’environnement, la lutte contre les départs d’incendie ainsi que la mise en place d’un plan anti-déchet, sont d’autres points cités par l’association pour la préservation de l’espace naturel du PND. «Il faut développer dans notre région un tourisme plus respectueux de l’environnement et de notre culture locale. Un tourisme durable doit primer sur le tourisme de masse qui, pour l’instant, a surtout contribué à dégrader nos espaces naturels plutôt que de les mettre en valeur. Les incendies qui ravagent chaque été des centaines d’hectares de forêts et de biodiversité sont inacceptables dans un pays menacé par la désertification. Il est donc urgent de mettre en place des moyens vraiment efficaces et suffisants pour lutter contre ce fléau. Nos espaces naturels, forts de leurs richesses, ne doivent plus être le réceptacle de nos nombreux déchets, sans que des solutions vraiment tangibles et durables ne soient apportées pour y remédier. Ces endroits doivent être de véritables espaces de découverte, de loisir et de partage».

Protéger les terrains agricoles des expansions urbaines

Située au cœur de trois massifs montagneux, la wilaya de Bouira reste une zone agricole par excellence. L’activité agricole a toujours dominé sur les indices économiques locaux. À l’instar des autres wilayas du pays, Bouira a connu, notamment durant ces dix dernières années, d’importantes extensions urbaines, mettant ainsi en péril des dizaines d’hectares de terrains agricoles fructueux. D’Aïn-Bessem, à l’Ouest, jusqu’à M’Chedallah à l’Est, en passant par Aïn-Laloui, Bouira, El-Hachimia et El-Asnam, des dizaines de bâtiments, de logements, de routes et d’autres édifices ont vu le jour au détriment de terrains agricoles sur les deux pleines des Aâribes et d’El-Asnam. Les rédacteurs ont tenu à interpeller les pouvoirs locaux sur la nécessité de la mise en place d’un plan rigoureux pour la protection des espaces agricoles de la wilaya, notamment via l’arrêt des expansions des zones urbaines et industrielles au détriment des terrains agricoles. «La nature agricole de notre région fait du traitement des eaux usées un volet de la plus haute importance. Sans une eau saine, il est impossible de cultiver des produits sains. L’expansion de l’urbanisme ne doit plus se faire chez nous au détriment de nos terres agricoles. Il est urgent de ne plus dénaturer la vocation traditionnelle de notre région. Toutes les zones industrielles existantes ou à venir dans notre région doivent se soumettre à un cahier des charges rigoureux en matière de protection de l’environnement, et ce, pour répondre à des enjeux évidents de santé publique», ajoutent-ils.

Pour un développement socio-économique durable

Enfin, les rédacteurs de cette déclaration affirment que le respect de l’environnement est l’une des nécessités pour la mise sur rail du développement socio-économique durable de la willaya, avec notamment la diversification des investissements et le maintien du caractère agricole et touristique de la région. «Aussi, nous considérons que le développement socio-économique durable de notre wilaya, reposera sans doute sur les points cités dans cette déclaration, lesquels doivent être pris en compte autant par les citoyens que par les autorités locales et nationales», ont-ils ajouté.

O. K.

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