Les soldes d’hiver version 2016 démarrés il y a plus de dix jours peinent à emballer les consommateurs béjaouis.
Cette opération commerciale ayant débuté le 17 du mois en cours s’étalera jusqu’au 27 février. Les principales artères de la capitale des Hammadites affichent un timide démarrage de cette opération ; la clientèle ne se bouscule pas en effet au portillon des magasins et autres officines. Jusqu’à hier, la ruée n’était pas encore au rendez-vous. Des commerçants intègres ou véreux chauffent les tambours et se frottent les mains. Mais la clientèle potentielle demeure frileuse dans ce marché aux allures de pétaudière !… «La période des soldes n’attire pas grand monde. Les clients se contentent de faire du lèche-vitrine sans vraiment mettre la main au portefeuille», nous avoue un propriétaire d’un magasin de vêtements. Le constat est saisissant dès qu’on franchit les portes des différentes boutiques de la ville de Bgayet. Une baisse à la fois de la fréquentation et une baisse de la consommation. Les gens ne se bousculent pas devant les devantures et autres franchises qui multiplient les offres plus alléchantes les unes que les autres. Certaines enseignes ont beau proposer «une mode à bas prix», rien n’y fait. Les soldes sont plutôt moroses. La chute vertigineuse des prix du pétrole a plongé notre pays dans une crise endémique. «Les ménages sont devenus moins flambeurs et font attention à leurs dépenses. Malgré un rabais de 50% sur mes produits, l’engouement n’y est pas», dixit un responsable d’une enseigne. Cet état de fait, nous l’avons vérifié lors d’une virée à travers les principales enseignes d’habillement où les soldes perdent de plus en plus de leur «attrait». Selon des avis recueillis çà et là auprès des propriétaires de franchises, les jours de la pratique des soldes sont désormais comptés. Dans la mesure où le pouvoir d’achat a vertigineusement chuté et, devant tant de cherté le choix des gens est immédiatement fait. Ceux-ci ne viennent pas et c’est tout à fait compréhensible. La conjoncture semble être défavorable pour la date d’application des soldes sur les différentes marchandises, notamment le prêt-à-porter. Les ménages préfèrent consacrer leur budget mensuel, a priori, aux produits alimentaires que de provoquer une saignée de leur budget par des dépenses «inutiles». Malgré les affiches qui garnissent les vitrines de la plupart des magasins longeant les principales ruelles de la ville, annonçant de fait la baisse des prix de leurs marchandises, la fréquentation des magasins d’habillement n’a pas évolué. «Même avec les rabais pratiqués, les prix des articles proposés ne sont pas à la portée de tout le monde. Il s’agit dans la plupart du temps d’une réduction allant de 100 à 200 DA. Il n’y a pas de quoi être emballé avec des prix qui frisent l’insulte. Un simple pull est proposé à 2 500 dinars, une veste à 5 500 dinars, une paire de chaussures à 4 500 dinars,… Les prix restent dissuasifs à telle enseigne que l’opération des soldes ressemble beaucoup plus à une arnaque», nous dira un père de famille. Une réduction jugée dérisoire spécialement pour les consommateurs qui ont le regard rivé sur l’évolution des mœurs de consommation en Occident, où la période des soldes constitue un rendez-vous incontournable. Par définition, les «soldes» sont une occasion pour renouveler sa garde-robe à des prix raisonnables. Cette opération désigne une vente qui est pratiquée en vue du renouvellement saisonnier de l’assortiment du vendeur par l’écoulement accéléré et à prix réduit des produits. En matière de réglementation, il y a lieu de concéder que la pratique des soldes, qui n’est pas obligatoire, se fait, à priori, en total respect de la réglementation en vigueur depuis 2006, date de la promulgation du décret exécutif n°06-215 du 18 juin 2006 qui fixe les conditions et les modalités de réalisation des ventes en soldes. L’opération des soldes est chapeautée par la DCP, laquelle est chargée de recenser les opérateurs désirant solliciter une autorisation de vente en solde afin d’exercer cette activité dans le respect de cette mesure visant à organiser l’activité commerciale au niveau de la wilaya. D’autre part, toute vente en solde effectuée en dehors des dates précitées et sans autorisation préalable ou sans publicité concernant les articles ou produits, objet de l’autorisation, expose son auteur à «l’arrêt immédiat des opérations de la vente en solde lancée ainsi qu’à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. L’annonce des échéances des ventes en solde est effectuée dans l’objectif de mettre un terme à l’anarchie qui marque ce créneau au niveau de la wilaya, où des commerçants placardent des annonces de soldes à n’importe quelle période de l’année faisant fi de la réglementation en vigueur.
Bachir Djaider

