Le diabète se propage à un rythme ahurissant dans la région de Tazmalt. La preuve, s’il en faut une, nous est fournie par ces chiffres qui donnent le vertige : 1 290 malades recensés par l’association des diabétiques de la ville.
Un chiffre qu’il faut relativiser, dans la mesure où il ne recouvre que les malades adhérents à cette association. Ce qui est, du reste, l’avis d’un médecin de santé publique de la région. «Les statistiques rendues publiques sont forcément partielles, car il y a beaucoup de malades qui souffrent en silence, et ne sont de ce fait comptabilisés nulle part», soutient-il. Notre interlocuteur parle d’un véritable fléau : «pratiquement, tous les jours, on recouvre de nouveaux malades, tous âges, sexes et catégories sociales confondus. Il n’y a qu’à regarder son entourage pour s’en convaincre. C’est très rare de trouver une famille qui soit épargnée par cette maladie multifactorielle», dira-t-il. Une préoccupation majeure de santé publique, en somme, de par ses multiples répercussions : coût de prise en charge exorbitant pour la collectivité douleur et détresse des malades,… «Un des signes inquiétants réside dans la prévalence du diabète de type 2 chez l’enfant et l’adulte jeune. Or, il y a quelques décennies de cela, ce type de diabète était exclusivement diagnostiqué chez les sujets âgés de 40 ans et plus», fait remarquer un autre médecin de Tazmalt, tout en attirant l’attention sur l’existence certaine d’un réservoir de malades asymptomatiques. Mais, ce n’est pas tout : ces chiffres alarmants laissent entrevoir une perspective d’évolution alarmiste, s’accorde-t-on à dire. «La courbe du diabète est promise à une croissance exponentielle, car tous les facteurs y concourent», prédit un praticien de la région, qui préconise, pour enrayer cette spirale, de réapprendre à vivre comme au temps jadis : «savoir gérer son stress, exercer une activité physique régulière et adopter une alimentation saine, suffisent largement à réduire les risques d’attraper le diabète», suggère notre interlocuteur. Pour les spécialistes, l’éducation sanitaire des malades, pour indispensable qu’elle soit, ne saurait faire l’impasse sur les campagnes de sensibilisation en direction des populations saines, en les incitant à adopter de bons reflexes au quotidien, en s’en tenant à une bonne hygiène de vie. «Mettre moins de sucre, moins de sel dans l’assiette et bouger. Voilà tout !», résument-ils. À bon entendeur…
N. Maouche

