Bouira Sa maison a été complètement détruite par un incendie – Une famille sinistrée dans le désarroi

D’accablement, la voix s’enroue et les larmes montent aux yeux. Le drame survenu dans l’après-midi de vendredi dernier a laissé des traces profondes.

La femme qui l’a vécu ne peut s’empêcher, en l’évoquant, de s’attarder sur son propre malheur. La cause ? C’est un court-circuit qui s’est produit pendant son absence, et la maison, sise au18 de la cité Zerrouki à Oued Dhous, s’est enflammée comme une torche. Tout le mobilier et la litière ont été détruits. Lorsque son mari et leurs deux filles étaient de retour de chez une parente malade à laquelle ils venaient de rendre visite, il n’y avait à l’intérieur qu’un tas de cendres fumantes. La protection civile, arrivée sur les lieux, n’a rien pu faire, à part établir son rapport. Selon ce document, le feu s’est déclaré vers 15h50. «Tout a été détruit», se lamente la pauvre femme, dont la santé à cinquante ans, n’est pas reluisante. Elle a montré une seringue, dont elle se sert pour prévenir le risque d’hypoglycémie, elle est diabétique et hypertendue. Le beau-fils, qui a 18 ans, ne va guère mieux, puisque selon Mme Taïeb, sa belle-mère, il est sujet à des crises d’asthmes qu’il combat, lui aussi, à l’aide de bronchodilatateurs. Un seul garçon, sur les trois que compte cette famille, fréquente l’école, il est en cinquième et passera l’examen de 6ème en juin. La plus jeune des deux filles est en deuxième année, l’autre est au CEM et passera l’épreuve du BEF cette année. «Ils ont tous les trois perdu leurs affaires dans l’incendie», assure la mère. Ils vont à l’école sans cartables, car ils n’ont pas de moyens pour leur en acheter des neufs. Le père est pâtissier, mais n’a pas de boulot stable, ce qu’il gagne à titre temporaire est insignifiant par rapport aux besoins de la famille. La mère, elle-même, ne répugne pas à la besogne lorsqu’elle se présente à elle. «Nous occupons un studio», dira Mme Taïleb que nous rencontrons au siège de la wilaya, venue, ce jour-là pour essayer de sensibiliser les autorités sur son sort de sinistrée. Elle détaille l’intérieur qu’elle présente comme «une cave», tant l’air et la lumière n’y entrent que chichement, une pièce et un couloir. Ce logement se trouve sur une petite propriété privée héritée avec un frère. Comme il est mitoyen du logement occupé par ce frère, pour échapper au feu qui menaçait ce dernier, il a dû sauter par la fenêtre. Au début, avant la venue des gosses, cela allait avec un seul garçon-le beau fils asthmatique. Mais plus la famille s’agrandissait et plus l’espace se rétrécissait. Il a fallu songer à partir et trouver un autre logement. Le père a déposé le 16 avril 2007, un dosser à la daïra de Bouira. On lui a remis un récépissé portant le numéro 68 et l’attente a commencé lourde d’espoir et d’appréhension. En août 2014, l’affichage des listes où le nom du père ne figurait pas, les jette dans la contestation. Le père a introduit, le 27 août 2014, un recours sous le n°214, et l’attente a recommencé plus angoissante que jamais… Jusqu’à ce vendredi noir qui fait de cette famille de 7 membres des sans abri… Espérons que les larmes de cette femme émotive toucheront les autorités autant que les mots avec lesquels elle décrit la cruauté de son destin, à l’heure où elle vient de tout perdre suite à cet incendie.

Aziz Bey