En vue d’optimiser ses activités – Les ambitions du port de Béjaïa

Pour optimiser ses opérations du commerce extérieur, le port de Béjaïa, considéré parmi les plus grands et stratégiques ports de l’Algérie, procédera, au courant de l’exercice 2016, à l’ouverture de deux zones logistiques extra-portuaires, a indiqué la direction de l’EPB.

C’est «l’une des grandes ambitions du port de Béjaïa qui s’inscrit dans une démarche de solutions logistiques structurantes pour optimiser la chaine de valeur des opérations de commerce extérieur», a informé la même source. La mise en exploitation de la première zone extra-portuaire de l’EPB, d’une superficie de 20 hectares, interviendra avant le premier trimestre de cette année. Il s’agit du site Tixter, situé dans la daïra d’Aïn Taghrout, relevant de la wilaya de Bordj Bou Arreridj, soit à environ 190 kilomètres du port de Béjaïa, a-t-on souligné. Le choix de ce site n’est pas fortuit. En plus de son rattachement à la voie ferrée, il est implanté à quelques kilomètres de l’autoroute Est-ouest. Concernant le deuxième site, il est sis dans la localité Ighil Ouberouak, relevant de la commune de Tala Hamza, périphérique à la ville de Béjaïa. Cinq kilomètres seulement séparent ce site, s’étendant sur une superficie de 05 hectares, du port de Béjaïa.

Ouverture de deux zones logistiques extra-portuaires en 2016

«Ces espaces présentent des potentiels très importants en matière de multi modalité. Ils permettront à terme d’apporter une valeur ajoutée à la fois au port par l’augmentation de ses capacités d’accueil des marchandises et aux opérateurs qui pourront mieux organiser leurs opérations d’import/export par le truchement d’offres logistiques «door to door», favorisant une meilleure maitrise de la chaine d’approvisionnement et de distribution», a-t-on déclaré. Par ailleurs, l’EPB vise à travers l’ouverture de ces deux zones extra-portuaire l’augmentation de l’offre de service multimodale, et ce, «par la création d’effets leviers pour l’instauration d’un cadre réglementaire, procédurale et logistique plus efficace, en rehaussant les indicateurs de performance de la logistique portuaire (rapprochement des marchandises de l’hinterland, célérité du transit induisant une réduction des surestaries, offres logistiques intégrées, etc. ), a-t-on expliqué. L’autre objectif escompté par l’EPB est «la création effective d’un gisement de richesse et de compétitivité notamment pour les industriels de la région en permettant des opérations de conditionnement, de référencement, de réparation, d’assemblage partiel ou total des intrants aux produits finis», a-t-on informé. En outre, il est question aussi d’offrir une assise physique d’envergure, des équipements et des installations adéquats, au profit des opérateurs collaborant avec l’EPB. Parmi ces opérateurs que l’EPB qualifie de «fiables», il y a lieu de citer Béjaïa Mediterranean Terminal (BMT), pour les opérations de levage et de rapprochement, et la Société de Transport Intermodal de Marchandises (STIM), filiale de la SNTF, pour le transport intermodal. Ces zones extra-portuaires sont à même d’offrir des conditions logistiques idéales pour les diverses activités exercées par ces opérateurs, a-t-on soutenu.

Jumelage entre l’EPB et le port de Rotterdam : Signature du protocole d’accord au mois de mars à Alger

Un projet de jumelage entre le port de Béjaïa et celui de Rotterdam sera concrétisé très prochainement. Le protocole d’accord de ce jumelage sera signé au mois de mars prochain, à Alger, a indiqué la direction de l’EPB. Il sera paraphé informe-t-on, par les premiers responsables des 3 ports concernés par ce projet, à savoir le port de Rotterdam, le port d’Alger et celui de Béjaïa, en présence de représentants gouvernementaux des deux pays. Le port néerlandais de Rotterdam, considéré comme le plus grand port européen, est classé 4ème au niveau mondial. Selon la direction de l’EPB, «cet accord de jumelage portera essentiellement sur l’échange de l’expérience, du savoir-faire et de la compétence dans les domaines de la logistique, de la ressource humaine, du management en termes de qualité environnement et santé/sécurité». Ce jumelage, précise-t-on, est non rémunéré. Le port de Béjaïa n’est pas à son premier jumelage. En 2010, l’EPB a signé un mémorandum d’entente avec le port de Khomeini (Iran). Le protocole de jumelage avait porté sur le développement de la coopération dans plusieurs domaines, tels que la formation, le management, les études statistique et la navigation.

20,16 millions de tonnes de marchandises manutentionnées en 2015

Pas moins de 20,16 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées au port de Béjaïa, durant l’année 2015, avec légère régression de l’ordre de 4,7 %, comparativement à l’exercice 2014, où a été enregistrée une manutention de 21,1 millions de tonnes, a affirmé la direction de l’EPB. Ce léger recul est d&ucirc,; selon la même source, essentiellement à la diminution des exportations d’hydrocarbures, survenue depuis le début du second semestre de l’année écoulée, coïncidant avec la chute des prix du pétrole. À titre illustratif, les exportations en hydrocarbures enregistrées en 2015 sont estimées à 8,24 millions de tonnes, alors qu’elles avoisinaient les 9,8 millions de tonnes en 2014. Par ailleurs, l’EPB a constaté une augmentation conséquente de l’ordre de 6 % dans le trafic des marchandises hors hydrocarbures. En effet, 11,9 millions de tonnes de marchandises ont été manutentionnées au port de Béjaïa en 2015, contre 11,2 millions de tonnes 2014. Dans un autre chapitre, le bilan de l’EPB révèle décrue avérée dans la manutention de plusieurs marchandises, notamment les fruits et légumes (- 43%), le lait (-8%), le sucre (-5%), les oléagineux (-4%), les matières textiles (-12%), et les vins et alcools (-15%). Cependant, le bond enregistré dans le trafic de plusieurs autres marchandises, à l’instar des céréales avec une augmentation de 14 % et des engrais et produits chimiques (25 %) ont contrebalancé les effets des réductions dans le trafic des produits alimentaires cités en haut.

Boualem. S.