L’augmentation des tarifs des carburants depuis le premier janvier dernier constitue généralement un point de discorde entre les usagers des transports privés et les transporteurs. En effet, sur de nombreuses lignes, ces derniers ont décidé unilatéralement à passer à de nouveaux tarifs jugés excessifs par les voyageurs sans que la direction des transports de wilaya n’ait rien décidé à ce sujet d’autant plus que la tutelle a annoncé que les tarifs ne seraient pas revus à la hausse.
Toutefois, on assiste quotidiennement à des rixes entre voyageurs et transporteurs à ce propos. Avant-hier, ce sont les transporteurs assurant la ligne entre Boumahni, relevant de la commune de Aïn Zaouia, et Boghni qui ont cessé leur activité. Parce que, apprendra-t-on, d’une source locale, les habitants d’Ath Maâmar, le premier village de la grappe de Boumahni, leur ont bloqué le passage.
«On ne doit pas payer le même tarif que les autres. Nous ne sommes pas aussi loin. Nous devrons être traités de la même manière que ceux de Laâziv N’Cheikh, un village limitrophe du nôtre», nous répondra un habitant d’Ath Maâmar que nous avons joint au téléphone. Le tarif est passé de 30 à 35 dinars. En somme, une augmentation de 5 dinars en aller et 5 au retour. Cela fait grincer les dents des usagers de cette ligne, notamment ceux qui travaillent à Boghni ou qui devront rallier cette ville pour aller au chef-lieu de wilaya.
«C’est une hausse que je ressens beaucoup, car même de Boghni à Tizi-Ouzou le tarif a augmenté. Je débourse quotidiennement 40 dinars de plus alors que mon salaire n’a pas bougé d’un centime. Faites les calculs pour le mois, ensuite pour toute l’année», nous dira ce fonctionnaire dans une administration à Tizi-Ouzou. Tous ceux qui ont été pris au dépourvu, sont restés bloqués à Boghni. Dans la journée, le maire s’est déplacé jusqu’à Boumahni où il a rencontré les grévistes. «J’ai essayé de les raisonner, mais en vain. Ils ont campé sur leur position prétextant qu’eux aussi ont leurs raisons. Non seulement à cause des nouveaux prix des carburants, mais aussi la pièce de rechange instable sur le marché ainsi que d’autres charges qu’ils doivent régler», nous apprendra le maire. Tout de même, certains bénévoles ont mis leurs moyens de transport au profit de centaines de personnes bloquées à Boghni jusqu’en fin d’après-midi. Même l’APC n’est pas restée sans faire quelque chose parce que les bus communaux ont participé au transport de ces citoyens vers leurs villages respectifs. Nous y reviendrons.
Amar Ouramdane
