Béjaïa Pour limiter le nombre d’accidents de circulation – Des ralentisseurs comme garde-fous !

Des ralentisseurs, qualifiés de dos-d’âne, peuvent apparaître sous toutes les formes, dépassant de loin la mesure réglementaire de 10cm de hauteur. Ils sont imprévisibles et peuvent surprendre à chaque recoin, même les points les plus inattendus. Ils sont devenus le pire cauchemar des automobilistes qui craignent des dégâts onéreux. Ces ralentisseurs posés anarchiquement sur les routes de la wilaya de Béjaïa et d’une hauteur surélevée, touchent le châssis et l’avant des véhicules causant parfois de sérieux dommages. Un grand mécontentement a été causé. Plusieurs incidents ont été constatés de par l’embouteillage causé. Cette compagne qui vise aussi à sensibiliser les usagers sur le respect des lois y afférentes, a pour but de mettre de l’ordre dans la ville et faire des études sur la possibilité de poser ou non des ralentisseurs, prenant en compte les abords des établissements scolaires et les lieux prépondérants du centre-ville. Le non-respect du code de la circulation et l’excès de vitesse sont souvent la cause principale d’accidents de circulation. Cet état de fait pousse les autorités locales à prendre des mesures palliatives afin d’obliger les automobilistes à réduire leur vitesse, et principalement devant le passage des écoliers. Pratiquement, toutes les localités de la wilaya de Béjaïa sont dotées de ralentisseurs, érigés de facto à différents endroits des routes, soit nationales ou communales. Toutefois, ces mesures ne sont pas du goût de certains chauffeurs qui s’estiment contraints de rouler au ralenti, car ces dos-d’âne sont une forme de décisions conjoncturelles et non structurelles, affirment lesdits automobilistes. Rien que pour la RN26, les ralentisseurs ornent lugubrement cet axe routier, réputé pour être un point noir en termes de bouchons. Par ailleurs, dès qu’un accident de la circulation survient, les riverains demandent illico presto aux autorités locales d’ériger des ralentisseurs. Le hic, c’est que des habitants prennent eux même la décision d’installer des dos-d’âne sans avoir aucune autorisation de la mairie. Cependant, les ralentisseurs et dos-d’âne fleurissent comme des petits champignons sur l’ensemble des voies de circulation automobile. Voies express, routes nationales, communales ou en agglomération et même les chemins vicinaux ne sont pas épargnés par l’implantation de cette sorte de monticules. Pis, les pouvoirs publics semblent être dépassés par l’ampleur du phénomène à telle enseigne que la vocation première desdits ralentisseurs échappe à tout contrôle. Souvent abrupts, larges et trop élevés, les automobilistes peinent à franchir ces «buttes» aux dimensions dépassant tout entendement. Il faut rappeler que l’installation de ralentisseurs et dos-d’âne est régie par des textes de loi clairement définis. La réglementation en vigueur depuis une dizaine d’années stipule que toute demande d’implantation de ralentisseurs est assujettie à une batterie de conditions définissant leur usage, leur mise en place ainsi que les lieux de leur implantation, et ce, conformément au décret exécutif n° 05-499. Se référant audit décret, un ralentisseur constitue tout aménagement placé en travers de la chaussée et perpendiculairement à son axe, obligeant les conducteurs de véhicules à réduire leur vitesse. Outre l’autorisation préalable du wali territorialement compétent, la mise en place des ralentisseurs est soumise aux conditions générales fixées comme suit : leur insertion dans un schéma d’aménagement global ; leur choix doit être de dernier recours ; ils doivent être signalés conformément à la réglementation en vigueur, ils doivent améliorer la sécurité routière. Dans le même sillage, un arrêté datant du 9 avril 2006 recense la nature, la forme, les dimensions et les prescriptions techniques des ralentisseurs. Toutefois, toute demande d’implantation des ralentisseurs doit émaner des services DTP de la wilaya, des administrations et services publics concernés, des services de sécurité des APC ou des citoyens. Le dossier afférent à l’implantation de ralentisseurs doit comprendre une demande rédigée dans ce sens, la désignation de la voie concernée, le nombre d’accidents enregistrés, la proximité éventuelle d’un établissement public. Tout ralentisseur réalisé sans autorisation du premier magistrat de la wilaya doit être détruit et la chaussée remise en état conformément à l’article 4 afférent au décret susdit. De même, l’auteur du délit est exposé aux sanctions prévues par la législation en vigueur et notamment celle des dispositions de l’article 408 de l’ordonnance n° 66-156 du 8 juin 1966.

Bachir Djaider