La Dépêche de Kabylie

Tizi-Ouzou Célébration de la Journée nationale du chahid – Illilten n’a pas manqué le rendez-vous

Dans la matinée de jeudi dernier 18 février, la cour du siège communal d’Illiltène grouillait de monde, venu pour célébrer la 26ème édition de la Journée nationale du Chahid. Des hommes et des femmes, notamment des moudjahidine, des veuves et des enfants de chouhada, sont venus des 11 villages de cette localité qui a offert plus de 800 martyrs à la révolution. Un événement très important et ô combien symbolique pour toute la population de cette région montagneuse, où chaque famille a consenti beaucoup de sacrifices, dont des vies humaines, face à l’hydre coloniale française, afin de libérer le pays du colonialisme. La population de cette partie de l’Algérie profonde tient à graver dans la mémoire des générations actuelles et futures l’Histoire de leurs aînés, car l’Histoire est la mémoire des peuples. La commune d’Illitène est fière de la bravoure et du courage incarnés par ses enfants tombés au champ d’honneur et ses habitants sont déterminés à reprendre le flambeau et à défendre la mémoire de leurs aïeux quel que soit le prix à payer. Jeudi dernier donc, un riche programme a été élaboré par les organisateurs dès 9h du matin. Il commença par le dépôt d’une gerbe de fleurs au monument des martyrs, suivi d’une exposition photos sur la guerre de libération nationale, notamment les événements ayants eu lieu au camp de Taourirt Ihadadène qui abritait les bureaux de la SAS (section administrative de sécurité) où furent emprisonnés et torturés des dizaines de résistants issus des villages de la commune et d’ailleurs. A 13 heures, il y eut des témoignages sur la guerre de libération nationale, auxquels l’assistance a prêté une oreille attentive. Les présents ont ainsi écouté Mme Allik Hnifa, une moudjahida qui a pris les armes pour venger son père assassiné devant elle par les soldats de l’armée française. Puis ce fut autour de Boucaouma Chabane, ancien moudjahid qui a raconté la bataille de M’zeguène. La commémoration de cette Journée du chahid fut clôturée par des projetions de films documentaires sur la guerre de libération nationale. Certains fils de chouhada profiteront de cette occasion pour réitérer leur détermination à perpétuer la mémoire de leurs héroïques pères. «Il ne suffit pas de déposer des gerbes de fleurs à chaque commémoration de ces dates historiques, telles le 1er novembre, le 5 juillet ou le 18 février. Il faut veiller à ce que les idéaux pour lesquels ont combattu nos pères soient définitivement acquis», tiendront à dire certains d’entre eux. «Est-ce que le serment donné aux chouhada par leurs frères d’armes qui ont eu la chance de survivre à la guerre a été respecté ? Est-ce que les familles des martyrs ont été prises en charge par l’Etat, comme cela a été prévu dans la charte de la Soummam ?», s’interrogeront d’autres.

A. M

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