Dans l’optique de réhabiliter le plaisir de la lecture, les pouvoirs publics ont décidé d’accorder pour chaque commune un projet de construction d’une bibliothèque publique. Dans ce cadre, la commune de Seddouk a bénéficié d’un tel projet en 2006 mais, celui-ci a accusé une dizaine d’années de retard. En effet, le première tranche du projet comprenant les gros œuvres de l’ordre de 15. 000. 000,00 de dinars, a été réalisée en 2012 et depuis, le projet a été abandonné à son sort. Il est livré aux délinquants qui ont trouvé l’endroit idéal pour s’abreuver en alcool ou fumer un joint. Certains habitants de la cité d’à côté ont fait d’elle un lieu de dépotoir où ils jettent leurs ordures ménagères. L’édifice commençait, donc, à se dégrader. Alors, il a fallu attendre l’année 2014 pour voir l’APC lui dégager, dans le cadre du plan de développement communal, la somme de 7. 500. 000,00 dinars pour l’achèvement des travaux de finition. Les travaux de la deuxième tranche ont démarré le 21 Septembre 2015 pour être achevés dans un délai de six mois. Lors de notre visite sur les lieux, accompagnés de monsieur Ichallalen Mustapha, vice-président chargé du service technique, de l’urbanisme, de l’habitat rural et de l’aménagement, nous avons constaté que les travaux vont bon train du fait que le taux de réalisation a atteint les 95%, une évaluation estimée par ce responsable de l’APC. Pour ceux qui ne le savent pas encore, la commune de Seddouk compte trois bibliothèques publiques dont la première à être créée, est celle de l’école primaire, cheikh Belhaddad, de Seddouk Ouadda. C’était lors du centenaire de cette école célébré le mois d’avril 2005 où ses dignes anciens élèves étaient venus de partout participer à un centenaire d’une école qui leur a donné les premiers jalons de leur cursus scolaire et qui a formé des générations de cadres. Dans le sillage des retrouvailles, fut créées, donc, une bibliothèque et une association pour la réaliser, la doter en livres et la gérer. Ce sont deux anciennes classes qui ont été aménagées en urgence. La direction de la culture de Béjaïa l’a dotée des équipements appropriés. Depuis, le projet a été abandonné à son triste sort et il a fallu attendre l’année 2008 pour que la direction de la culture de Béjaïa le dote de 200 ouvrages, tout en promettant que le reste des ouvrages va suivre incessamment, une promesse qui n’a jamais été tenue. La deuxième bibliothèque a été créée en 2013 au village Seddouk par Azar, une association, dont les membres ont fait leur preuve dans le dynamisme, l’ingéniosité et le sens de la responsabilité en ouvrant au public, un prélude à la création d’un café littéraire où se produiraient les hommes de culture qui trouveront en lui un espace d’expression pour la promotion de leurs ouvrages. Les notables ont mis à la disposition de l’association Azar un local qu’elle a aménagé. La direction de la culture de Béjaïa lui a alloué une subvention pour l’acquisition des équipements, et des généreux donateurs ont participé avec des dons de livres et d’argent pour l’achat d’ouvrages. Même la DAS de Béjaïa était de la partie en lui affectant un agent pour sa gestion. Force est de constater que cette bibliothèque qui compte un millier d’ouvrages dans les trois langues (Kabyle, français et Arabe) et dans tous les domaines, et qui a offert, un temps soit peu, un espace de loisirs pour les jeunes du village Seddouk Ouadda où même les élèves préparaient leurs examens de passage, a fermé ses portes il y a environ une année, c’est a dire depuis que l’agent qui la gérait est parti à l’étranger. La maison de la culture de la ville de Seddouk a crée elle aussi une petite bibliothèque dotée d’ouvrage et ouverte au public. Les générations passées lisaient beaucoup, car elles trouvaient en la lecture leur seul loisir. Dans les villages reculés où l’électricité faisait défaut, les gens lisaient à la pénombre de la bougie. Et ce sont ces gens là qui maitrisaient bien la langue française et qu’ont retrouve, d’ailleurs, comme journalistes et correspondants dans la presse écrite francophone actuelle ou qui s’adonnent à l’écriture romanesque. L’avènement de la parabole et de l’internet sont les causes de la décadence de la lecture dans notre pays. Cette décadence a fait, aussi, que le niveau scolaire a régressé considérablement de l’avis de certains spécialistes. Pourtant, le domaine de l’écriture ne cesse de s’accroitre et a fait même un bond extraordinaire avec la promotion de la langue Amazigh qui a vu l’émergence de plusieurs auteurs cette dernière décennie. Dans, la commune de Seddouk, le savoir a rayonné avec la Zaouia de Cheikh Belhaddad, dont le concepteur n’est autre que le guide de la Tarika Rahmania qui formait des cadres de haut niveau en théologies pour des étudiants venant des quatre coins du pays. Aujourd’hui, elle compte plus d’une dizaine d’auteurs, lesquels ont émergé ces dernières années. Autant de raisons pour dire que la bibliothèque publique de Seddouk est venue à point nommé pour contribuer à la formation de l’homme de demain qui a besoin d’un lieu de savoir pour aiguiser son intelligence. Seulement, maintenant que l’édifice sera livré dans quelques jours, l’APC a-t-elle déjà songé à son ouverture en la dotant d’ouvrages appropriés et de personnel qualifié ?
L. Beddar
