C’est peut être la première initiative qui vient directement des concernés, c’est-à-dire, les élèves. En effet, depuis que les réformes du système éducatif étaient lancées en Algérie, avec surtout l’arabisation du début des années 70, tout se fait à travers des commissions, parfois peu représentatives de la famille éducative. Cette fois-ci, ce sont des élèves de première année secondaire (filière scientifique) du lycée Ouarzedine Achour de Tizi-Gheniff (Tizi-Ouzou)-établissement renommé pour ses excellents résultats à l’examen du Bac, car il avait non seulement été classé premier de la wilaya à plusieurs reprises, mais aussi, à la 10° place à l’échelle nationale-, qui ont décidé d’écrire une lettre à madame la ministre de l’Éducation nationale dans laquelle ils relèvent les carences avant de proposer quelques suggestions. «Vous l’avez, sans doute, remarqué madame la ministre, les résultats scolaires sont en baisse et le niveau en Algérie est parmi les plus faibles d’Afrique», annoncent-ils en premier lieu. Ils voient que les élèves perdent le moral (termes de leur lettre), c’est pourquoi ils adoptent des comportements incorrects (comprendre par là déperdition scolaire, indiscipline, comportements violents et impulsifs,… ). Ces élèves se plaignent de nombreux problèmes entre autres la surcharge des programmes, des manuels obsolètes, filières mal organisées, orientation aléatoire des élèves, moins de vacances scolaires et le peu de vacances mal réparties sur l’année scolaire, matériel scolaire ancien et défectueux,… Et de proposer: «il faudra réétudier les programmes et les adapter aux exigences de l’heure, retravailler les filières dans les lycées, bien répartir les vacances d’où un rythme scolaire nouveau adapté aux caractéristiques de toutes les régions du pays, ne garder pour une filière que les matières dont l’élève aura besoin plus tard. Dans leur petite réflexion, les rédacteurs de la lettre trouvent qu’il est temps d’introduire les langues française et anglaise dans les filières scientifiques, tout en renforçant leur enseignement dès le primaire. De ce fait, jugent-ils, les diplômes de l’école algérienne auront une équivalence au niveau international. En conclusion, ils demandent à ce que le système éducatif soit revu de fond en comble, afin de redorer l’image de notre pays dans le monde.
Amar Ouramdane
