Les retards mis par certaines entreprises pour mener, dans les délais, les travaux qui leur sont confiés, sont devenus monnaie courante. Quel que soit la clémence du ciel, leurs excuses sont toutes trouvées pour expliquer leur défaillance. Il est vrai que les zones de montagne ont leurs spécificités. Cependant, c’est en connaissance de cause que les entrepreneurs se portent candidats à l’attribution de marchés, objets d’appels d’offres. Rares sont les projets réalisés dans les conditions du cahier des charges, quelle que soit l’urgence signalée. Souvent, lorsqu’on aborde le problème des retards mis par les entreprises pour livrer les projets, dont ils ont la charge, les entrepreneurs invoquent les «difficultés rencontrées lors des intempéries. Les engins de transport de matériaux de construction ne peuvent pas se déplacer en temps de neige, les ouvriers, quant à eux, ne se présentent même pas sur le lieu de leur travail». Il est vrai qu’en temps de neige, les entreprises travaillant à l’air libre, se retrouvent bloquées du fait que leur personnel ne peut travailler dans de mauvaises conditions alors que le matériel roulant est immobilisé dans des parkings. Cependant, l’exemple de cette année où l’état est sur le point de déclarer l’état de sécheresse, l’argument des «intempéries» nous paraît fallacieux. Certains villages dont l’altitude ne dépasse pas les sept cents mètres n’ont pas vu un flocon de neige, cette année. Les quelques jours de pluie ou de neige pouvant entraver le cours normal des chantiers se comptent sur les doigts. «Il ne manquerait qu’à ce qu’ils demandent la réévaluation du projet», ajoute un de nos interlocuteurs. Sans moyens humains et matériels, la plupart des entreprises ne semblent pas pressées de terminer leurs chantiers, provoquant de la sorte le mécontentement des citoyens qui refusent d’attendre plus que de raison. Pourtant, les pluies et les neiges ne datent pas de cette année. C’est en connaissance de cause qu’ils devraient prendre leurs dispositions pour qu’en été ils concentrent leurs efforts sur les travaux extérieurs et qu’en période hivernale, ils puissent travailler à l’abri. Doivent-ils travailler au printemps seulement ? «L’application de la loi devrait être rigoureuse pour éviter que des projets ne devant pas dépasser une durée de six mois, trainent depuis plusieurs années», réclament les citoyens pénalisés par des retards dans la livraison de nombreux projets.
A. O. T.
