Timizart Ils ont porté secours à un SDF – Des jeunes au grand cœur

Par ces temps où chacun pour soi, cache toi que je ne te vois pas et où l’égoïsme est érigé en norme, les jeunes de la ville de Souk El-Hed, chef-lieu de la commune de Timizart dans la daïra de Ouaguenoun, viennent de nous donner une leçon de générosité d’humilité et de charité en portant secours à un SDF qui, sans leur intervention, aurait pu périr gelé suite à la chute brusque des températures de ces jours-ci. En effet, ce pauvre bougre qui trimballe sa silhouette à longueur d’année sur les trottoirs de la ville, portant son ballot sur les épaules, habillé de haillons déchirés parfois à la limite de l’impudeur, n’a de gite que les pavés des villes dépourvues de tout abri. De fait il est livré à toutes les intempéries et autres aléas du climat. Livré à lui-même, il ne doit sa survie qu’à la maigre substance que lui offrent les habitants de la ville. Pourtant, cette fois-ci, la chose aurait pu tourner au drame suite aux fortes pluies et grêles qui se sont déversées sur la cité. Du coup, les minces étoffes qui lui servaient de lit furent toutes mouillées et son corps était transi de froid. Au matin, la flotte l’envahissait de partout. Alors n’écoutant que leur humanisme, les jeunes de la cité des quatorze logements, sous la houlette de Mohand qui gère un bureau de tabac et de son voisin Idir, commerçant de son état, on se dépêcha de drainer les eaux de l’endroit où le pauvre malheureux a élu gite pour la nuit, on se dépêcha de lui allumer un feu pour le réchauffer, on lui ramena de la nourriture pour qu’il puisse reprendre vie. Et c’est, ainsi, depuis la dégradation du climat. «Pourtant personne n’ignore le cas de ce pauvre bougre qui hante la localité depuis des années. On aurait pu lui construire une petite cabane ne serais-ce que pour qu’il puisse s’y abriter lors de la saison d’hiver toujours rude en Kabylie. C’est là un des rôles du service social de la commune et nous pensons que cela ne doit pas coûter énormément au budget de l’APC», nous dira un des jeunes qui s’activait, avec un frottoir, à drainer les eaux de l’endroit où le malheureux tremblait de froid. En attendant, c’est chaque jour les mêmes jeunes qui veillent sur le quidam, lui prodiguant soins, lui apportant des tisanes, des croissants et du lait tandis que les résidant de la cité le pourvoient en nourritures afin qu’il résiste au froid plus que terrible de ces derniers jours. À voir cet élan de générosité et cet esprit d’entre-aide, cela réchauffe le cœur, on se dit que finalement il existe toujours des gens bien, même si de temps en temps on se lamente sur cette époque maudite.

A. S. Amazigh