Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a appelé, hier à Alger, lors de son intervention à l’ouverture de la 9ème session ordinaire du Conseil national de son parti, les acteurs politiques à un "consensus national" pour préserver la sécurité et la stabilité de l'Algérie.
Une stabilité qui se trouve menacée aux yeux du SG du MPA, en raison de la détérioration de la situation sécuritaire dans les pays voisins comme la Libye, la Tunisie et le Mali. Il a ainsi exhorté les formations politiques à «prendre conscience de la gravité des dangers sécuritaires qui menacent les frontières algériennes».
A l’adresse des partis de l’opposition, qui ne cessent d’appeler à «la transition et l’organisation d’élections présidentielles anticipées», Amara Benyounès a réitéré son appel d’attendre «les rendez-vous électoraux pour réaliser leurs ambitions politiques», car pour lui ces revendications sont un «appel franc à l’intervention de l’armée dans les affaires politiques ou à un coup d’Etat», ce qui constitue, a-t-il estimé «une violation des principes de la démocratie». Sur le plan économique, le patron du MPA a tiré la sonnette d’alarme estimant que «si nous ne faisons pas des réformes radicales, structurelles, profondes et urgentes, nous allons entrer dans une grande crise économique et financière qui peut être très dangereuse pour l’Algérie».
Amara Benyounès a affirmé toutefois que le gouvernement est conscient de cette situation. Il a souligné que son parti attendait de voir le contenu du modèle économique que le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, envisage de présenter début avril. Amara Benyounès a plaidé dans un autre registre, pour «l’ouverture du capital des banques publiques aux Algériens et aux étrangers», affirmant que l’Algérie a un système bancaire «anachronique et archaïque». Il a en outre insisté sur la nécessité de trouver des solutions aux problèmes relatifs au foncier industriel qui constitue «une véritable entrave» au développement de l’investissement national et étranger. «Ce n’est pas normal que dans un pays qui fait 80 fois la Belgique il y ait un manque du foncier industriel», a-t-il ironisé.
Evoquant le remaniement ministériel annoncé Amara Benyounès estime qu’«il n’y a pas de remaniement ministériel pour le moment», indiquant que le communiqué de la Présidence est clair là-dessus. Le SG du MPA a réitéré le soutien de son parti au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, estimant que sa formation politique n’est pas un parti du gouvernement. «Nous avons soutenu Bouteflika avant notre entrée au gouvernement, pendant notre présence au gouvernement et après notre sortie». Par ailleurs, M. Benyounès a donné des orientations pour les militants de son parti afin de préparer comme il se doit les prochaines échéances électorales, à savoir les élections locales et législatives, sachant que le MPA est la troisième force politique du pays, un rôle qu’il doit assumer et confirmer. Il a insisté dans ce sillage sur la nécessité de l’élargissement de la base populaire du parti et de l’organisation de meetings populaires.
M. O. B

