« Regardez, ces logis ne sont plus habitables et les responsables refusent toujours de nous donner la date exacte de notre relogement dans des bâtisses en dur ».
Une phrase sempiternellement répétée par les résidents des différents sites de chalets de la wilaya de Boumerdès. Et à ceux qui veulent bien les écouter un instant, ils leur montreront ces cabines en formica, dont les cloisons très perméables son tombées en ruines, depuis belle lurette. «À nos délégués, les responsables locaux avaient déclaré l’été dernier, que notre recasement dans des nouvelles cités est imminent. Or, aucun d’entre eux n’a daigné nous rendre visite en cette période de fortes intempéries», s’inquiéteront les représentants du centre transitaire Cassio de Corso. «Personne ne nie», enchaîneront-ils, «notre statut de cas sociaux, donc éligibles au logement social locatif, mais nous ne figurons encore officiellement dans aucune liste des bénéficiaires». Des dizaines de familles nécessiteuses sont, pourtant, là depuis une douzaine d’années, exposées aux vagues de froid de l’hiver, et à la chaleur torride de l’été. «Vous y croyez encore, vous, aux promesses des pouvoirs publics, de nous accorder la priorité en matière de relogement, en réservant à chaque attribution de logements un quota pour notre quartier ?», lance une dame avec ironie. Il s’agit maintenant de bidonville, compte tenu de l’absence criante des commodités de vie, qui caractérise tous les sites de cette wilaya. Le réseau d’assainissement est défaillant dans ces baraques très exiguës, où l’on redoute constamment des courts circuits, en raison, le plus souvent, de la mauvaise installation des lignes d’électricité. Ces familles ont manifesté leur désarroi, plus d’une fois, en insistant principalement sur les multiples maladies respiratoires qu’ils encourent, à l’instar de la récente action de protestation de ceux d’Ouled Heddadj, mais leur cas n’a aucunement été pris en considération. «Mes enfants ont grandi ici, et ils n’ont point connu un semblant de vie décente et tranquille», confessera un infirmier résidant au site de chalets de Sghirat, avec sa petite famille.
Salim Haddou

