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Déperdition scolaire

Au cours de la journée d’études organisée la semaine précédente, à l’hôtel Mouflon d’or d’Alger, sur la déperdition scolaire, on a appris que c’est pas moins d’un demi million d’élèves, tous cycles confondus, qui sont annuellement exclus du système scolaire. Ce chiffre énorme révèle l’existence d’un malaise profond dans l’école algérienne. Ce chiffre s’appuie sur une enquête réalisée au cours des trois derniers mois par le CENEAP, pour le compte de l’association Iqra’. La même enquête a révélé les causes de la déperdition : pauvreté, perturbations familiales, problèmes avec les enseignants… Certaines motivations paraissent étonnantes : ainsi, chez les élèves du primaire qui quittent l’école, 30% le font pour les programmes, jugés difficiles et chargés. Mais à regarder de près le nombre de matières enseignées et le nombre de notions inculquées on comprend que des enfants, surtout s’ils sont fragiles, craquent. Quant à ceux qui parviennent quand même à suivre, ils sont souvent saturés, et les savoirs ingurgités sont souvent perdus ou alors mal assimilés. On en veut pour preuve le niveau déplorable des enfants qui arrivent dans le cycle moyen, puis secondaire. Beaucoup ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux, comme la lecture, l’écrit ou le calcul. On comprend aussitôt la nécessité de la réforme scolaire, à même de refaire les programmes, de réorganiser les savoirs, de changer les méthodes mais aussi d’instaurer de nouveaux rapports entre l’élève et l’enseignant, pour que l’école ne soit plus vue comme une garderie ou un châtiment mais comme un lieu d’apprentissage et d’épanouissement de l’enfant.

S. Aït Larba

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