L’hygiène scolaire en débat

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Initiée conjointement par l’APC de Chemini et l’inspection des cantines scolaires de Sidi-Aïch, une journée d’étude sur les règles générales de l’hygiène dans les cantines scolaires a été organisée dans l’après-midi de mardi dernier à la bibliothèque communale.

La conférence a est animée par l’inspecteur des cantines scolaires, M. Saidi ; une hygiéniste de santé et élue à l’APC, Mme Hanifi ; un élu de la municipalité éponyme, Hachemi Ayoudj ; et Md Arezki Bouredji, directeur à l’école primaire de Chemini1. D’emblée, l’inspecteur des cantines scolaires a longuement insisté sur l’importance de porter un regard consciencieux et tintouin sur le respect des règles d’hygiène. La restauration scolaire doit permettre de maintenir des repas structurés et équilibrés pour un rythme alimentaire harmonieux et donner également à l’enfant la possibilité de découvrir de nouvelles saveurs, d’apprendre à aimer des aliments qui sont peu consommés chez lui ou sont cuisinés différemment. Le temps d’interclasse de midi doit être un moment privilégié pour apprendre aux petits bambins l’éducation au goût, à la découverte des patrimoines culinaires tout en ayant à l’esprit l’importance de mieux se tenir à table… Ces actions peuvent être également développées à d’autres occasions de la vie de l’école dans le cadre du projet d’école lors des heures de classe, à l’occasion d’activités, de sorties scolaires, de classes de découvertes… Notons que cette journée d’étude est la deuxième du genre, car une conférence sur ledit thème était organisée l’année passée dans les mêmes lieux. Deux communes sont concernées par cette conférence qu’a organisée la municipalité de Chemini, en l’occurrence Souk-Oufella (comptant trois cantines scolaires) et Chemini (10 cantines scolaires). «Les écoles déterminent en partie la santé et le bien-être des enfants en leur fournissant un milieu salubre ou insalubre. On considère de plus en plus que les installations scolaires de distribution d’eau et d’assainissement sont indispensables à la promotion de bonnes pratiques d’hygiène et du bien-être des enfants, mais beaucoup d’écoles ont des installations qui laissent énormément à désirer», explique le conférencier. Leurs installations sanitaires sont inappropriées et insuffisantes, soit elles manquent purement et simplement de latrines. De même, ces lieux sont souvent transformés en vestiaires pour le personnel», déclare l’hygiéniste de l’APC. Les facteurs liés à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène portent atteinte de bien des façons aux droits des enfants à l’éducation. Lorsque leur état sanitaire laisse à désirer, les enfants ne peuvent pas donner la pleine mesure de leurs capacités d’apprentissage. Par exemple, 400 millions d’enfants d’âge scolaire par an souffrent d’infections causées par des vers intestinaux qui diminuent leur faculté d’apprentissage. Par ailleurs, L’UNICEF et ses partenaires affectent des ressources à l’amélioration de la santé des enfants d’âge scolaire en soulignant la nécessité de la promotion de l’hygiène, de l’acquisition des compétences pratiques essentielles et d’installations de distribution d’eau et d’assainissement et de lavabos dans les écoles. À cet effet, l’hygiène dans les établissements scolaires est l’ensemble des mesures destinées à protéger la santé et la sécurité dans les établissements scolaires. Les mesures d’hygiène sont d’autant plus importantes que l’école accueille de jeunes enfants, population plus exposée au risque infectieux. L’école se doit d’accueillir les enfants dans les meilleures conditions de sécurité d’hygiène et de bien-être. Elle est aussi le lieu où, devenus élèves, ils vont parfaire leur éducation et construire leurs apprentissages. Par ailleurs, les cuisiniers et aide-cuisiniers ayant assisté à ladite conférence ne sont pas allés par le dos de la cuillère pour dénoncer les mauvaises conditions de travail dans lesquelles ils évoluent. «L’enfant n’est pas bien nourri par les cantines scolaires», lance tout de go une cuisinière. Et à sa camarde d’abonder dans le même sens : «nous sommes au four et au moulin. Le manque d’effectif nous pénalise énormément sans oublier l’absence d’un matériel adéquat. Nous sommes appelés à bosser avec les moyens du bord». Toutefois, ce qui a attiré notre attention lors des différentes interventions de l’assistance, est le salaire dérisoire que perçoivent bon nombre desdits fonctionnaires. «Comment peut-on vivre avec 5 000 DA par mois. Je cumule des années de dur labeur sans que je voie ma situation bouger d’un iota», balance, sans ambages, une dame, aide-cuisinière de son état. Les intervenants voient à travers le prisme, car les promesses de titularisation tardent à voir le jour. Nous lançons un appel aux hauts responsables de la tutelle de revoir notre statut et d’en finir avec le calvaire que nous vivons au quotidien. Il y a lieu de rappeler que des agents de l’APC sont souvent affectés aux cantines scolaires pour jouer «les pompiers» sans que ces derniers ne puissent bénéficier de postes budgétaires dégagés par la direction de l’éducation. Sur un autre chapitre, la gestion des cantines scolaires doit obéir à un agenda bien précis afin d’assurer aux élèves un repas équilibré. Les directeurs d’écoles sont appelés à gérer leurs budgets avec minutie en calculant et recalculant leurs dépenses de telle sorte à pallier entre qualité et quantité des repas offerts. «Les aides consenties par l’APC de Chemini nous permettent de sortir la tête de l’eau. En plus des 55 DA alloués par le ministère de l’Éducation et de 10 DA par l’APW, 2,5 à 3 kilos de viande par jour sont assurés par l’APC, et ce, pour une durée de 76 jours», nous explique M. A. Bouredji, directeur d’une école primaire. Conscient des efforts colossaux que se démène quotidiennement le personnel cuisinier pour offrir un repas de qualité aux enfants, un des conférenciers a glissé une proposition aux responsables de la municipalité d’instaurer un programme relatif au lancement d’un concours pour l’élection de la cantine scolaire la plus propre au niveau de la commune et du meilleur cuisinier. Cette action rentre dans le cadre d’encourager la concurrence afin de mieux sensibiliser les responsables des établissements scolaires ainsi que le personnel de ces cantines scolaires sur l’hygiène à observer, avec en prime une récompense pour les lauréats.

Bachir Djaider

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