La plaque du fronton du CEM «Saïdi Saïd» de la localité de Raffour, changée la semaine dernière et comprenant de nombreuses erreurs dans la transcription en Tamazight, notamment sur le nom du chahid, a provoqué le courroux des citoyens qui ont rapidement monté au créneau et tenu à interpeller les responsables de l’établissement pour le changement de la nouvelle plaque ou la correction des erreurs, et ce, dans les plus brefs délais. Sur les lieux, nous avions constaté de visu ces erreurs impardonnables s’agissant du nom du martyr qui s’est sacrifié pour que le pays soit libéré du joug colonial. Interrogé à ce sujet, un responsable du CEM imputera l’entière responsabilité à l’artisan auquel a été confiée la confection de cette plaque et affirmera que le bon de commande était accompagné par un model de l’écriture exacte en Tamazight, établi par un spécialiste de cette langue. La plaque rédigée dans les trois langues tamazight, français et arabe, a été installée par cet artisan dans la soirée de jeudi dernier, affirmera notre interlocuteur, qui dira, dans la foulée, que la première responsable du CEM l’a rapidement saisi après avoir été interpelée par un groupe de jeunes, pour retirer la plaque et procéder à la correction des erreurs constatées. Ce fait anodin qui s’est produit dans une région sensible et frondeuse concernant Tamazight doit donner à réfléchir aux administrations, qui ont l’intention d’introduire tamazight dans les plaques des frontons ou dans la paperasse administrative, à veiller au respect des transcriptions dans cette langue dont sa reconnaissance et son officialisation ont été arrachées de haute lutte, d’où cette vigilance des citoyens qui veillent à ce qu’elle soit respectée et convenablement transcrite. Espérons que cet artisan fasse rapidement le nécessaire avant que ces jeunes révoltés à l’extrême ne reviennent à la charge.
O. S.

