La tuberculose fait partie des maladies les plus meurtrières dans le monde. Sous sa forme la plus complexe, elle marque d’ailleurs une propagation remarquable. à Tizi-Ouzou, la tuberculose extra-pulmonaire touche 14,6 personnes pour 100 000 habitants et représente 44% du taux global des tuberculeux.
C’est à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose, coïncidant avec le 24 mars de chaque année, que le centre hospitalo-universitaire Nédir Mohamed a abrité une journée sur le sujet. Une occasion pour les spécialistes de la question de revenir sur la maladie, ses aspects, mais aussi sa prolifération parmi la population ainsi que les différentes formes de lutte et de prévention. La journée a réuni des médecins spécialistes en pomologie et des épidémiologistes. Et les intervenants furent unanimes à dire que si la tuberculose pulmonaire est plus au moins «maîtrisée» grâce notamment au programme national de lutte contre cette pathologie, il n’en demeure pas moins que la tuberculose extra-pulmonaire ne suit pas la même règle. Cette dernière, en plus d’être moins maîtrisée, a même une tendance à la hausse. C’est ce que soulignera, entre autres, le Dr. N. Hammache, infectiologue au service de pneumo-phtisiologie du CHU de Tizi-Ouzou. Lors de son intervention, elle soutiendra que la même situation est enregistrée au niveau de toute la wilaya. Elle commencera par mettre en avant certaines statistiques relatives à l’évolution de la pathologie au niveau local, par rapport à la tendance nationale. C’est ainsi qu’elle affirmera qu’à Tizi-Ouzou 31 cas atteints de la tuberculose sont recensés pour 100 000 habitants. Ceci, au moment où au niveau national on parle de 57 cas pour la même population. Un taux maîtrisé soulignera-t-elle, rappelant la mise en place du plan national de lutte contre cette maladie. Elle ne cachera cependant pas sa crainte quant à une hausse souvent enregistrée dans les cas de tuberculose extra-pulmonaire. Représentant 33 cas sur une population de 100 000 habitants au niveau national, à Tizi-Ouzou elle touche 14,6 personnes pour la même population. Selon la même intervenante, la tuberculose extra-pulmonaire représente 44% du taux global des tuberculeux à Tizi-Ouzou. Le Dr. N Hammache insiste d’ailleurs sur le rôle d’un diagnostic précis après examens, pour localiser la propagation de la maladie vers d’autres organes du corps, et sur celui d’une prise en charge adéquate du malade, puisque la tuberculose est, comme indiqué une maladie microbienne contagieuse, une maladie attribuée à la misère et qui se distingue dans la région. La tuberculose extra-pulmonaire touche donc d’autres organes que les poumons. On parle ainsi de tuberculose ganglionnaire, de tuberculose urogénitale, tuberculose cérébro-méningée et de tuberculoses osseuse ou articulaire, entre autres formes. En Algérie, après l’indépendance, le taux de prévalence était de 150 cas pour une population de 100 000 habitants, il est passé à moins de 60 cas pour la même population en 2014 grâce au programme national de lutte. Ceci dit, l’intervenante insistera sur la nécessité d’une multiplication des staffs multidisciplinaires, car, malgré les avancées en termes d’accès aux traitements, les efforts de lutte doivent être poursuivis.
T. Ch.

