Le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK) constitue « un danger ». Le wali de Tizi-Ouzou, M. Brahim Merad, qui a fait cette déclaration jeudi devant les élus de l’assemblée populaire de wilaya (APW), estime, en effet, que le mouvement séparatiste « a dépassé les limites» en « touchant aux fondements de l’Etat ».
Le wali de Tizi-Ouzou Brahim Merad a profité de son intervention, à l’occasion de la session ordinaire de l’assemblée populaire de Tizi-Ouzou, pour tirer à boulets rouges sur le mouvement séparatiste. En effet, et ne prenant plus de gants concernant le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAk), le wali estime que les procédés et pratiques de ce mouvement «touchent à l’intégrité de l’Etat». Que peut-il en être d’autre puisque «les limites ont été dépassées», estime le wali qui rappelle que le mouvement dispose de son drapeau qu’il a confectionné et qu’il vient même de «frapper sa monnaie», ajoute-t-il. Pour lui, en agissant de la sorte, le MAK «touche aux fondements de l’Etat» et constitue de ce fait un danger. Le wali, qui a consacré pratiquement toute son intervention au sujet, insista sur l’unité nationale. Une unité du peuple et de la nation que n’a pas manqué de défendre le glorieux martyr Krim Belkacem, fils de la région, devant les autorités coloniales, rappelle-t-il. Mais aujourd’hui, le principe de l’unité nationale semble être remis en cause par le mouvement que le wali qualifie de «processus néfaste». Et c’est d’ailleurs pour cette raison que le wali s’est senti obligé de remettre les choses à l’ordre en insistant sur les limites à ne pas dépasser loin «des libertés» brandies. C’est dans ce sens que Brahim Merad dit avoir «reçu des instructions» dans le but de contenir le MAK et ses partisans. M. Merad, qui répondait à l’interpellation des élus, n’y est pas allé par trente-six chemins pour expliquer «le danger» que constitue le mouvement. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il ne faut pas laisser faire les choses mais agir «intelligemment», dira le wali qui soutient que «eux ils agissent et nous nous essayons de les arrêter, mais d’une manière intelligente pour ne pas les offenser», car «c’est ce qu’ils cherchent, les ennuis», estime encore le wali. Les animateurs de ce mouvement autonomiste «cherchent à s’approprier Tamazight», soutient-il rappelant qu’elle est désormais consacrée par la constitution. Il ajoute que l’identité amazighe ne concerne pas que le MAK mais bien tout le monde, ne cachant pas son adhésion. Néanmoins, M. Merad est convaincu que le Mak ne représente qu’ «une minorité» et que la «majorité de la population de Tizi-Ouzou est contre». Suite à cette intervention du wali au sein de l’hémicycle Aïssat Rabah, on ne peut que constater que la situation se corse, désormais, pour le MAK.
T. Ch.

