Selon la ministre de l’Éducation nationale, Nouria Benghebrit, le mouvement de protestation des enseignants contractuels a pris une coloration politique. «Malheureusement, il y a un encadrement de type politique, car il y a même des députés qui suivent la marche des enseignants contractuels», a déploré Mme. Benghebrit lors de son intervention, hier, sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale. La ministre a également pointé du doigt certaines organisations syndicales, à savoir le Cnapest et l’Unpef. Mais, selon elle, le plus important reste «l’implication des lois et de la réglementation», a-t-elle dit. En effet, face à la détermination des enseignants contractuels de continuer leur action de protestation jusqu’au bout, la ministre de l’Éducation reste attachée à sa décision. «Le concours est obligatoire», a-t-elle affirmé. La seule solution proposée par Mme. Benghebrit pour désamorcer cette crise, reste celle de la valorisation de l’expérience professionnelle qui a été rejetée par les protestataires. «Ce qui a été négocié avec la direction générale de la fonction publique c’est la possibilité de valoriser leur expérience professionnel, laquelle jouera un rôle de bonification dans leur dossier de demande de recrutement», a indiqué Mme. Benghebrit. Elle a expliqué encore, qu’il existe deux modèles de recrutement. Il s’agit de celui effectué sur concours sur titre, soit sur la base d’un examen. «Tout recrutement opéré dans la fonction publique est soumis à un examen», a-t-elle lancé. L’invitée de la radio a tenu à préciser qu’au niveau de son secteur, il n’y a pas de critères normés de contractuels. «Ce qu’on constate souvent, c’est qu’ils arrivent à avoir des contrats par divers biais, notamment la connaissance», a-t-elle noté avant d’ajouter : «Notre objectif c’est de recruter les meilleurs». Face à cet état de fait, la ministre a appelé les enseignants contractuels à s’inscrire au concours de recrutement, auquel 500.000 candidats sont déjà inscrits. Par ailleurs, la première responsable du secteur de l’éducation a souligné que les recrutements sur concours dans l’enseignement représentent une phase de transition, par rapport aux intégrations directes «qui n’ont pas fait que du bien à la scolarité», a-t-elle dit. L’objectif fondamental, «la norme», rappelle Mme. Benghebrit, c’est d’avoir des enseignants sortant des écoles normales supérieures. Elle précise que son ministère a déjà créé deux écoles de ce type et qu’une étude de prospective s’étalant jusqu’à 2030 va identifier, par cycle, par matière et par année, le nombre d’enseignants à recruter jusqu’à cet horizon. En 2016 et 2017, des annexes de ces écoles normales vont être créées. «Tous ceux qui ont une vocation à faire de l’enseignement passeront désormais par ces institutions», déclare-t-elle.
Samira Saïdj
