Bouira 2ème journée de la session de l'APW – L’investissement en débat

Le ton dogmatique, le discours long, et comme tout ce qui est long est tranchant, ennuyeux, les divers ont déçu. Le premier intervenant a abordé l’investissement. Cela cadrait parfaitement avec l’un des points inscrits à l’ordre du jour : l’investissement. Mais où cela ne cadrait pas du tout, c’est quand cet élu a placé d’emblée le problème au niveau national, et même au-delà. Y voyant quatre causes qui freinent l’investissement dans notre pays, il a fait savoir que le secteur souffre d’abord d’un déficit de foncier. Pour ce membre de l’APW, 40% des investisseurs attendent cinq ans pour accéder à un terrain dans le cadre de l’investissement. La seconde cause, selon lui, a trait à l’accès au crédit bancaire et aux obstacles que les banques qui continuent à fonctionner suivant un système ancien pour ne pas dire archaïque dressent devant l’initiative privée. Résultat : les investisseurs se découragent et les projets tombent à l’eau ou restent en suspens. L’intervenant part ensuite en guerre contre le marché parallèle qui tue le marché légal. À ce propos -et cela est un objet d’étonnement- l’intervenant citait les «milliers d’activités développées devant le siège de la wilaya de Médéa» à la barbe du fisc et de l’administration. Pourquoi aller chercher si loin un exemple quand on en a un à portée de la main : la rue et la place Chahid Mohamed où le commerce informel est roi ? L’exemple ou plutôt les exemple pris par ce dernier est tout aussi digne d’étonnement : en effet, pour illustrer son propos sur la corruption qui gangrène le pays, laquelle le place à la 36ème place à l’échelle mondiale (sur 77 pays) et à la 9ème place à l’échelle des pays arabes, loin derrière le Koweit, l’Arabie Saoudite, &hellip,; cet élu nous plonge dans le passé au temps des empires comme la Rome antique, l’Irak au temps des Abasside, la civilisation musulmane (Andalousie). Les statistiques qu’il citait auraient été publiées par l’agence d’investissement et de développement, retombant à pieds joints à Bouderballah, il faisait observer qu’à Bouderballah, sur les 580 dossiers déposés au niveau de l’administration, seuls 100 ont bénéficié de l’aide à l’habitat rural, soit 17%. Il citera aussi le problème de la construction en hauteur (R+1) en milieu urbain, celui du séisme au lieu-dit Zoatnia, l’éclairage, objet de bricolage… Un autre élu estime que la wilaya a une vocation essentiellement agricole, et l’oublier en voulant donner la primauté à l’industrie, serait une erreur. C’est pourquoi, selon lui, il est primordial de privilégier ce secteur, sans toutefois négliger celui de l’industrie. Plus loin, le même intervenant a déploré l’absence de rues dans la zone industrielle de Oued El Bardi et a demandé des frontières claires entre la wilaya de Bouira et celle de M’Sila, celles les séparant actuellement étant trop floues et permettant un chevauchement préjudiciable de l’une sur l’autre au grand dam des citoyens qui vivent dans ces zones. Un troisième lui emboitant le pas, dénoncera les retards qu’accuse la RN8, objet d’une opération de réhabilitation : «Travaille-t-on pour le wali ou pour le citoyen ?», s’interrogera-t-il. Selon lui, les travaux reprennent le jour où le wali effectue une visite dans cette daïra, puis ils cessent dès qu’il repart. Concernant l’état de la RN62 qui relie Dachmia à Djoab, le même élu se demandait pourquoi la partie entretenue par la wilaya de Médéa est bien entretenue, alors que celle se trouvant dans la wilaya de Bouira est si dégradée ? Même constat déplorable au sujet du CW127 qui relie El Hachimia à Sour El Ghozlane. Enfin, un troisième reviendra sur les recommandations précédentes dont on n’aurait tenu aucun compte, selon lui. Il citera à ce propos les chiens errants et illustrera son propos avec cette scène où l’on voyait un jeune sorti d’une pizzéria poursuivi par une horde de chiens affamés. Il s’insurgera sur la façon anarchique dont se construisent en ville les ralentisseurs dont l’installation, selon lui, obéit à la fantaisie de certains citoyens plutôt qu’à une décision administrative et aux règles en vigueur. Pour clore son chapelet de remarques, il s’étonnera que le marché de gros demeure fermé aux commerçants qui s’installent tout autour sans pouvoir y entrer.

Aziz Bey