Créée à la faveur du découpage administratif de 1984 pour alléger la pression qui s’exerçait sur la commune d’Aïn El Hammam dont elle dépendait auparavant, la municipalité d’Aït Yahia n’arrive toujours pas à prendre son essor.
Elle demeure un petit village qui peine à devenir une agglomération digne d’une ville. Une virée au chef-lieu nous renseigne sur tous les manques auxquels doivent faire face la population et les élus avec les maigres ressources de la commune. Hormis quelques immeubles d’habitation, un siège de mairie, une poste et une agence CNAS, aucune autre structure étatique n’y a été implantée. «Vraiment très peu», disent les citoyens, frustrés de continuer à «dépendre de l’ex-Michelet comme avant». En effet, pour n’importe quel autre service, les habitants des quarante-huit villages que compte la commune d’Aït Yahia doivent se rendre à Aïn El Hammam ville où sont concentrés tous les services. «L’unique station d’essence privée est plus proche du chef-lieu de daïra que de notre municipalité», nous dit un automobiliste. Les usagers de la banque, détenant des comptes en devise ou en dinar, doivent se déplacer jusqu’au centre-ville de Michelet pour se rendre à la BADR ou plus loin encore à Abi Youcef où se trouve la BDL. «Nous sommes nous aussi de Michelet, mais être obligés de s’y rendre pour n’importe quel service alors que nous avons notre commune est vraiment frustrant», avoue un fonctionnaire qui ne peut abandonner son poste pour se rendre à la banque ou un tout autre organisme. Les habitants rencontrent les mêmes difficultés pour se rapprocher du service des impôts, de la Sonelgaz ou de l’ADE. «Je paie toujours mes factures en retard, au risque de me retrouver avec une coupure d’eau ou d’électricité. Il faut que je me débrouille à chaque fois, pour charger un ami de les payer à ma place», nous confie un employé. Ce ne sont pas l’unique boulangerie locale ou les quelques magasins de la seule rue du bourg qui feront de Sebt Ath Yahia un chef-lieu communal, digne d’une municipalité qui compte, mine de rien, treize mille habitants. Bien que créé depuis plus de trente ans, le chef-lieu dénommé «Sebt» n’a pas connu de développement notable devant en faire une ville autour de laquelle doivent graviter les quarante-huit villages de la commune. «Il est temps que les choses bougent», ne cessent de dire les habitants qui fustigent les différents responsables qui se sont succédés à la tête de la commune et qui n’ont pas su, ou pas pu, créer la ville qu’ils attendent d’eux.
A. O. T.

