L’APC de Tizi Ouzou demeure sans exécutif

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La mosaïque partisane, portée à l’assemblée municipale en novembre dernier, ne cesse de démontrer l’incompatibilité des visions politiques des élus qui y siègent. De ce fait, la répartition des postes au sein de l’exécutif communal n’a jamais posé autant de problèmes, sans que cela n’inquiète personne. Le maire, M. Bensalem, tout en reconnaissant la difficulté de rallier les cinq formations politiques qui partagent les 23 sièges autour d’une même dynamique de travail, affirme ne pas désespérer pour autant de fonder son exécutif. «Il y a assez d’éléments de rapprochement qui me rassurent quant à la constitution dans les prochains jours de mon exécutif», a t-il déclaré. M. Bensalem, qui était très avare dans ses réponses, n’a donné aucune indication sur la stratégie qu’il compte adopter pour sortir de cet engrenage qui bloque sa municipalité. La cohabitation entre les élus a montré ses failles lors des précédentes tentatives d’installer l’exécutif, mais le maire continue de croire qu’il peut «compter sur l’ensemble de la composante de l’assemblée pour prétendre mener à bien (son) programme et j’espère recueillir l’adhésion de la majorité» Cette majorité qui fait défaut à la mairie de Tizi Ouzou est devenue la principale source d’une divergence sans précédent. Deux groupes se livrent bataille et refusent à tour de rôle de cautionner les réunions de distribution des vice-présidences. Si le FFS, qui détient la tête de l’APC, a fait alliance avec le FLN, il n’en demeure pas moins que la majorité bloquante est détenue par le groupe dit “des 12” que forment le RND, le RCD et les Indépendants.Ces derniers, qui ont rejeté les résolutions de la dernière réunion, réclament une séance extraordinaire pour l’installation de l’exécutif. Dans une demande transmise le 29 janvier dernier au maire, le groupe des 12 tout en disant ne pas pouvoir «cautionner cette gestion caractérisée par le fait que (notre) assemblée demeure toujours sans exécutif, nous vous demandons, conformément à l’article 15 de la loi 90-08 du 07/04/1990 relative à la commune, de convoquer une réunion extraordinaire de l’assemblée pour l’installation de l’exécutif et l’annulation et le remplacement du délégué à l’antenne de mairie de Azib Ahmed»Les rédacteurs de ce document affirment ne pas avoir reçu à ce jour de réponse de la part du maire. Mieux, les élus FLN, que nous avons contactés hier, ne voient aucune utilité d’installer l’exécutif. «Le maire peut ne pas désigner les adjoints en se référant à l’article 47 du code communal. La mairie fonctionne normalement et il n’y a aucun blocage en son sein», ont tenu à rassurer les élus du FLN ayant fait bloc avec le maire.L’argumentaire avancé par ce parti est loin de refléter ce qui se trame à la mairie de Tizi Ouzou, où les budgets ne sont toujours pas votés par l’assemblée. Et tout porte à croire qu’aucun vote ne sera effectué tant M. Bensalem est dépourvu du soutien de la majorité qui continue de faire opposition à toutes ses initiatives. «Alors que le budget supplémentaire de l’exercice précédent n’est pas encore approuvé et que l’ensemble des autres communes de la wilaya ont établi et transmis leurs demandes de PCD, notre assemblée n’a, à ce jour, soit plus de trois mois après son installation, tenu ne serait-ce qu’une seule réunion pour débattre du développement de notre commune», est-il encore écrit par le groupe des 12. La municipalité de Tizi Ouzou qui croule sous une dette de pas moins de 15 milliards de centimes, peine à recouvrer ses créances qui se chiffrent à des milliards. L’urgence de redresser la balance des finances de la mairie, en l’absence de délibérations portant budgets de subvention, sonne comme une impérative à même d’assurer les salaires des travailleurs. D’aucun gardent à l’esprit le feuilleton des vacataires menacés de licenciement à cause du manque de budget.Pour M. Bensalem, «cette affaire de contractuels et vacataires menacés de licenciement constitue notre point de convergence et tous les efforts de l’assemblée iront vers un règlement juste et légal de ce dossier pour lequel nous ne ménageons aucun effort». Et comme pour confirmer son intention de récupérer l’argent de la municipalité, le maire précisera que «l’assainissement des différents services de l’APC passe inéluctablement par la mise en branle du volet recouvrement des diverses taxes revenant à la caisse de l’APC ainsi que par la révision de certaines activités telles que le marché de gros, marché à bestiaux, abattoir …etc. Une gestion saine des différents segments de l’activité économique de l’APC permettra à cette institution de ne guère compter sur les subventions»Au-delà des projections et ambitions du maire de Tizi Ouzou, celui-ci devra d’abord faire face à la fronde qui mine l’assemblée communale générée par des calculs politiciens des partis qui y siègent mais aussi par attraits purement personnels des élus.

M.A.T.

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