Rahmani décerne le 1er prix national de l’environnement

Le professeur Mohamed Belbachir de l’université d’Oran Es-Sénia, spécialiste en chimie, a été l’heureux récipiendaire du 1er Prix national pour la protection de l’environnement consacré à la meilleure recherche scientifique, un prix instauré en novembre dernier par décret présidentiel. D’une valeur d’un million de dinars, le prix lui a été remis hier par M. Cherif Rahmani, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement lors d’une cérémonie organisée à l’hôtel El Djazair. Ont pris part à cette rencontre à caractère scientifique, Mme Souad Bendjaballah et Rachid Harraoubia, respectivement ministre délégué chargé de la recherche scientifique et ministre de l’Enseignement supérieur, des professeurs d’universités et des cadres du ministère de l’Environnement. Le lauréat, choisi pour ses travaux novateurs en chimie verte par le Conseil scientifique, parmi les 26 autres chercheurs ayant postulé pour cette première édition, s’est dit très honoré par cette reconnaissance, louable à plus d’un titre. En effet, à travers une telle démarche, un esprit d’encouragement et d’incitation à promouvoir les recherches scientifiques en matière environnementale est instauré. Cela étant dit, le coup de starter est donné. Les scientifiques n’ont qu’à persévérer dans leurs recherches pour décrocher ce prix qui d’après Chérif Rahmani durera dans le temps. « Nous souhaitons que ce prix aura une impulsion et une dimension internationale tel que le prix Zaid international qui a récompensé cette année Kofi Annan, SG de l’ONU comme nous souhaitons que ce prix pour la protection de l’environnement deviendra le prix du président de la République qui sera décerné chaque année », lance le ministre de l’Environnement après avoir rappelé à l’assistance les grands projets réalisés par son département en matière de développement durable. Il a fait savoir que devant la transaction économique qui a pris de l’ampleur, il a été instauré des transactions environnementales idoines à même d’assurer le développement durable à travers la mise en place d’un arsenal juridique et plusieurs institutions de prévention et de contrôle, citant entre autres, l’Agence nationale des déchets, le Commissariat de l’environnement, l’Agence nationale des changements climatiques et les centres d’enfouissement technique. Et dans le même esprit, il a été mis en place une politique pour la dépollution et l’éradication des déchets spéciaux toxiques tels que l’askarel, PCB, amiante… Rahmani a également mis, dans son intervention, l’accent sur la nécessité de « requalifier les universitaires pour les inciter à rentrer dans des compétitions internationales ». En tant que chimiste, le ministre de l’Enseignement supérieur n’a pas caché son admiration quant à l’efficacité de l’invention du professeur Belbachir : la Maghnite. C’est le nom attribué à cette nouvelle invention qui consiste plus précisément en la mise au point de catalyseurs écologiques sous forme de nanoréacteur extrait d’une argile naturelle de Maghnia. La maghnite est un produit bio, non polluant et permet, selon son inventeur des réactions chimiques à des températures ambiantes. Il remplace les solvants toxiques utilisés à 80 % dans la chimie industrielle. Il est recyclable, réutilisable et facile à relaver avec de l’eau, explique le professeur Belbachir. Ce nouveau produit est spécialement destiné à la fabrication des médicaments tels que les antibiotiques et pour les produits en plastique. Les travaux du lauréat ont été sanctionnés par de nombreuses publications internationales de haut niveau et par un brevet mondialement reconnu et déposé aux USA, souligne un des intervenants. « J’ai dû vendre ma voiture et emprunter de l’argent pour financer le brevet », dira Belbachir pour déplorer le manque d’aide des instances concernées, à savoir le ministère chargé de la recherche scientifique.

Wassila Ould Hamouda