Le cri d’alarme de l’association des apiculteurs

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L’association des apiculteurs professionnels du massif de Djurdjura tire la sonnette d’alarme sur un nouvel « effet de mode » qui infeste le domaine de l’apiculture à Tizi-Ouzou.

Il s’agit du remplacement des abeilles locales par d’autres rapportées d’autres cieux. Une pratique qui risque de nuire aux colonies locales, selon le président de ladite association. Ce phénomène n’est, en fait, pas nouveau, mais son ampleur prise, ces dernières années, n’a pas manqué d’interpeler les spécialistes du domaine de l’apiculture soucieux du devenir des colonies mais aussi du produit local. D’ailleurs, le président de l’association des apiculteurs professionnels du massif de Djurdjura qui tire la sonnette d’alarme, affirme que ce procédé tend à se répondre exposant le «produit» local au danger de la disparition. Salem Touati parle d’une pratique «négative» qui consiste à introduire des races d’abeilles étrangères dans les ruches. Des abeilles de couleur jaune «importées», comme il le souligne, d’Italie ou de France, parlant ainsi d’ «abeilles buckfast» ou «triple hybride». Le procédé est simple, estime-t-il, en expliquant que «des apiculteurs en retour de pays européens apportent dans leurs poches des reines d’autres races, pour ensuite procéder à la multiplication en Algérie». Pour lui, il ne s’agit de rien d’autre que d’un «effet de mode» et «d’une volonté de posséder des abeilles jaunes». Les retombées sont, quant à elles, moins «stylées» avec une «pollution génétique» qui nuit grièvement à la subsistance des abeilles de la région «de race dite apis millifica intermissa» d’autant plus, ajoute le président de l’association, qu’«il s’agit d’abeilles de mauvaises qualités productives et très sensibles aux maladies, notamment les loques». Ces «colonisatrices» sont aussi définies par Salem Touat comme étant «des abeilles pillardes, ne pouvant nullement résister aux ardeurs des sécheresses en Afrique du Nord. Pour lui, les apiculteurs qui font appel à ce genre de pratiques, ne sont autres que «des apprentis sorciers qui procèdent à la multiplication de ces abeilles sans prendre en considération les risques que cela peut causer à la profession». Il ajoute qu’avec l’énorme ampleur prise par ce procédé «la profession, mais aussi la richesse de la biodiversité sont compromises avec des retombées et un impact important sur l’écologie». Le président de l’association faisant le constat de la situation actuelle, estime avoir «remarqué des traces de pollution génétique dans pratiquement toutes les exploitations de professionnels de la région». Il affirme, d’ailleurs, qu’auparavant «des régions et des villages éloignées étaient épargnées, mais actuellement, le phénomène y est aussi observé», citant l’exemple de Larbaâ Nath Irathen, de Aïn El Hammam et d’autres localités de l’Est de la wilaya de Tizi-Ouzou. La propagation et la contamination se fait à travers la fécondation des reines qui intervient en dehors des ruches et qu’on ne peut, cependant pas, maitriser. Le président de l’association des apiculteurs professionnels du massif de Djurdjura appelle, ainsi, à multiplier les campagnes de sensibilisation des apiculteurs «qui ne sont pas toujours conscients du risque». Pour lui, la direction des services agricoles (DSA), la chambre de l’agriculture ainsi que les différentes coopératives et associations des professionnels du métier doivent se pencher sérieusement sur ce volet de sensibilisation, «seule solution pour éviter une situation désastreuse», estime-t-il. «Il est urgent de mener des campagnes de vulgarisation et d’information dans les milieux apicoles, afin d’inciter les apiculteurs à délaisser ces pratiques et multiplier la race locale apis millifica intermissa plutôt que celle importée». Il invite aussi à éliminer les hybrides par un changement de reine.

Tassadit. Ch.

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