Contrairement aux services de la Gendarmerie nationale qui ont minimisé le phénomène lié aux détournements des terres agricoles, le ministre délégué chargé du développement rural, Rachid Benaissa, intervenu hier sur les ondes de la radio Chaîne I, a souligné que des dépassements énormes ont été constatées et un nombre important de personnes sont impliquées. Sans pour autant dévoiler des détails sur l’ampleur qu’a pris, ce phénomène, le ministre a fait savoir que les enquêtes diligentées par son département sont à un stade avancé et plusieurs dossiers ont été soumis à la justice. « Aucun n’a le droit de détourner les terres agricoles de leur vocation initiale et encore moins de vendre les terrains car il s’agit de biens de l’Etat, sauf dans le cadre d’un projet de réaménagement du territoire et avec décision de la partie officielle », a lancé l’invité de la radio qui, à l’occasion, s’est montré virulent en soulignant que des mesures rigoureuses ont été mises en place contre toute personne s’avérant impliquée dans une affaire de dilapidation du foncier agricole. Une chose qui est certaine d’après Benaissa c’est que l’Etat œuvrera à la récupération des terres dilapidées. « La loi nous le permet », précise l’orateur. A la question de savoir si les étrangers ouvrent droit à la mise en valeur des terres agricoles au même titre que les nationaux, le premier responsable du secteur est allé droit au but en répondant par un niet catégorique. Si on se réfère à ses dires, cette politique de mise en valeur des terres agricole instaurée pour ce quinquennal est exclusivement destinée aux nationaux. « Celui qui vendra son terrain à un étranger sera passible de poursuites judiciaires », dira l’orateur, menace à peine voilée à qui veut l’entendre. Selon lui, il y a un cahier des charges à respecter. Le partenariat, par contre, est encouragé par le département de Benaissa. Ce dernier explique que les agriculteurs ont le droit absolu de conclure des partenariats avec des étrangers et bénéficier de leur savoir-faire et de leur technologie. Du côté de l’Etat, des facilitations seront introduites notamment en matière de revêtement des chaussées, la disponibilité de l’eau et de l’électricité, a tenu à ajouter l’orateur. La transparence est prônée dans ce genre de transaction. Le ministre délégué a mis l’accent sur les efforts déployés par le gouvernement pour mettre un terme à ces scandales qui se comptent d’après certaines sources par milliers. Il a souligné dans le même sens que ce dossier se place en tête des préoccupations primordiales de son département. « Il faudrait d’abord solutionner ce problème pour mettre en œuvre la loi sur l’orientation agricole », estime l’hôte de la radio avant d’ajouter que le projet de loi sur l’orientation agricole est en phase de préparation. En attendant sa promulgation, une batterie de mesures ont été mises en place dans l’optique d’accompagner les investisseurs dans le domaine agricole et surtout pour améliorer le cadre de vie des 13 millions de citoyens vivant dans les zones rurales, soit 40% de la population algérienne. Le Plan national pour le développement agricole, instauré en 2000, a engendré des résultats satisfaisants notamment en matière de création de richesses et de postes d’emploi. Il a été réalisé pas moins d’un million de fermes dont 400 000 sont d’une grande superficie. D’après l’orateur, grâce à la politique gouvernementale, l’exode rural qui commençait à prendre des ampleur vertigineuse a fini par connaître un recul. A un rythme peu accéléré mais rassurant, le ministre a souligné qu’ils sont nombreux ceux qui sont retournés chez eux, même dans les régions les plus éloignées. D’après lui, les natifs des zones rurales ont pris conscience des richesses et des facilitations que l’Etat leur ont allouées pour développer leur région. L’essentiel est d’avoir une nouvelle vision. C’est dans cette optique d’ailleurs qu’il a été instauré un plan d’action portant sur « le renouveau rural », dans lequel, a précisé l’orateur, les objectifs et la stratégie de développement ont été revus et réajustés. « Nous voulons avec la contribution des agriculteurs donner une impulsion à ce secteur et redynamiser les zones rurales », conclu le ministre.
Wassila Ould Hamouda
