Les territoires des daïras de M’Chedallah et de Bechloul sont «ensemencés», au sens propre du terme, de sachets multicolores avec une prédominance de la couleur blanche, fort remarquable. Aucun espace n’est épargné particulièrement à proximité des agglomérations, des ponts, des décharges publiques ou autres dépotoirs. Les espaces nus autour des centres habités ressemblent à des…prairies de narcisses. Nul besoin de chercher la cause de cette intolérable atteinte à l’environnement et au cadre de vie de la population. Il s’agit de l’incivisme des uns et du laisser-aller des autres. Les premiers sont des citoyens qui se débarrassent de ces embarrassants sachets, n’importe comment, en les lâchant en pleine nature ou en les déposant devant le seuil de leurs portes sans penser aux conséquences de leur geste bien que la plupart des villes et villages sont, depuis l’année passée, dotés de bacs à ordures modernes. Les deuxièmes sont les services de voieries et leurs responsables qui espacent, de plus en plus, les rotations de ramassage et de collecte d’ordures, laissant le temps aux animaux errants d’éventrer ces sachets et de les vider à la recherche des restes de nourriture et d’éparpiller ainsi les sachets vidés dans tous les sens. Les gros fournisseurs de ces enlaidissant sachets sont, sans conteste, les décharges publiques et les dépotoirs sauvages ou même ceux qualifiés exagérément d’aménagés. La région de M’Chedallah étant réputée pour ses vents dominants permanents et violents, c’est à partir de ces lieux que l’atmosphère «s’approvisionne» en quantités considérables de ces sachets semés à travers les espaces qui sont copieusement et systématiquement approvisionnés. Les lieux d’accumulation de ces sachets sont les espaces nus non cultivés, voire même les surfaces céréalières, les vergers de maraîchères et autres oliveraies, à proximité des villes, villages et bourgades. Car, ils (ces espaces non cultivés) ne produisent que des épines qui accrochent solidement ces sachets et les retiennent durant des mois, soit jusqu’à ce qu’ils commencent leurs cursus de biodégradation. Un scénario qui se répète et se renouvelle quotidiennement. Peu à peu et sans que l’on se rende compte, l’on se retrouve avec une impressionnante invasion de sachets qui, en plus de porter atteinte à l’environnement, l’enlaidissent et déforment le cadre naturel en lui donnant un hideux et répugnant visage. Les routiers, de leur côté contribuent à cet état de fait en bombardant les accotements des routes par des sachets contenant toutes sortes de déchets. Une première mesure qui peut réduire sensiblement cette… «semence» à grande échelle de sachets, consiste à procéder à la pose de clôtures en grillage autour des décharges et dépotoirs pour empêcher le vent de les emporter, ensuite, poster un éboueur en permanence pour se charger de l’incinération de ces sachets au niveau des points noirs sur ce volet. En parallèle, on peut déclencher une campagne de sensibilisation en démontrant cette nuisance sur l’environnement, l’agriculture et les nappes d’eau, par conséquent sur la santé publique et réduire l’intervalle des rotations des équipes d’éboueurs chargées de la collecte des ordures ménagères. En attendant que l’on se penche sérieusement sur ce cas relaté les sachets continueront à virevolter, voltiger, enlaidir et polluer notre cadre de vie. Des sachets qui font, désormais, partie du décor et qui risquent, dans un proche avenir, d’être banalisés tout comme beaucoup d’autres choses nuisibles, tels les amoncellements d’emballages des boissons alcoolisées le long des accotements de routes ou à l’intérieur des terrains vagues transformés en bars à l’air libre.
Oulaid Soualah
