Le site de Tiklat livré à l’abandon

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À une vingtaine de kilomètres de Bgayet et à 3 kms du chef-lieu communal d’El Kseur, l’actuel Tiklat est une belle vallée sur la rive gauche de la Soummam.

L’historien Pline cite Tiklat comme l’antique Tubusuptu, colonie établie par Octave vers la fin du premier siècle avant J.C.

Ce site est appelé sur une inscription Tubusuptu, formée comme la colonie de Saldae, de vétérans d’une septième légion.

Elle fût le centre névralgique d’un district militaire sous le bas empire. Les débris d’amphores exhumées à Rome avec la marque des officines de cette ville attestent de son importance économique et commerciale.

Au deuxième siècle, Edrissi mentionne Tiklat comme une place forte et y signale une multitude de beaux édifices.

Référence d’importance, cette cité sera représentée au Concile chrétien de Carthage en l’an 411 après J.C. Cette indication est la preuve irréfutable de l’antériorité de Tubusuptu sur Saldae, la Bougie romaine.

Dès 1878, des estampilles découvertes à Rome ont attesté une exportation de Tubusuptu vers l’Italie. Il s’agit d’amphores mises au jour principalement à Ostie et ayant contenu essentiellement de l’huile d’olive et du vin.

En fait, les limites latitudinales des découvertes de ces récipients de Tubusuptu sont très larges. L’Italie en premier lieu : Ostie, Rome, Préneste, Abba Fucens.

Ensuite la Tingitane, l’Espagne, les côtes Nord de l’Afrique et enfin, par Alexandrie, l’Egypte et le lointain royaume de Meroe (Soudan actuel).

Le rôle joué par cette cité romaine a été de toute évidence, de tout premier plan dans les échanges inter-méditerranée.

Son huile, notamment prisée dans l’ensemble du bassin de «Mare Nostrum», faisait merveille. Tubusuptu était aussi réputée pour ses thermes, particulièrement appréciés des romains.

Alimentée à partir des conduites de Toudja, les bains étaient chauffés par le bois abondant dans la région.

Aujourd’hui, le site de Tiklat n’a pas encore livré tous ses secrets. Royaume des herbes folles, il mérite une protection et des soins particuliers, que seuls des spécialistes peuvent lui prodiguer.

N. Maouche

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