Même si la récolte vient seulement de commencer, on peut d’ors et déjà affirmer que la cerise sera très chère cette année. Les dernières intempéries qui ont ‘’sévi’’ sur la région d’Aïn El Hammam ont eu raison des espoirs des paysans qui pensaient tirer de substantiels bénéfices de la récolte des cerises qui s’annonçait des plus prometteuses à la floraison de leurs arbres. Même si le nombre de cerisiers est réduit ces dernières années, les arbres, encore debout, arrivent habituellement à satisfaire la consommation locale en fruits rouges pendant au moins un mois. Ce qui ne sera, malheureusement, pas le cas cette année. Les prix qui semblent exagérés ne sont en réalité que la conséquence de la faiblesse de l’offre par rapport à la demande, au demeurant. Chez les habituels «affairistes» locaux qui achètent le fruit local pour l’exporter vers d’autres régions, la cerise de bas de gamme, loin de la qualité que l’on connaît à la région, est affichée à mille dinars (1000 DA) le kilogramme. Leurs baraques de fortune, alignées sur le trottoir de la rue d’Alger, sont loin de se remplir. L’un d’eux nous avoue que «la cerise ne sera pas goûtée par tout le monde cette année. Je n’ai pu acheter que deux caisses en plusieurs jours. Les vendeurs sont rares. En général, ils nous ramènent de petites quantités. Combien voulez vous que je revende le kilo pour m’en sortir ?». Les agriculteurs des différentes zones de la région sont unanimes à dire que les prix ne descendront pas vu que la récolte est faible cette année. Comme pour justifier la cherté du produit de son champ, il ajoute : «nous avons bien payé le kilo de dattes à huit cent dinars en pleine saison. Et pourquoi pas la cerise?». Il faut noter que les fruits n’ont jamais été aussi chers que cette année. Le prix du «fruit des anges» qui ne cesse d’augmenter sur le marché ne semble pas avoir d’influence sur les responsables de ce patrimoine national qu’ils devraient préserver et développer pour en faire une source de revenus qui améliorerait considérablement le pouvoir d’achat des résidents. Nous avons, à maintes reprises, attiré l’attention à travers notre journal sur la menace qui plane sur les cerisaies, laquelle ne date pas d’hier. Le Capnode, le vieillissement, les incendies ont pratiquement réduit la production de la cerise à la stricte consommation familiale de la plupart des propriétaires de vergers.
A.O.T.
