La Dépêche de Kabylie

Thaâchourt célébrée à Ait Houalhadj

Comme chaque année, le village d’ »Ait Houalhadj Bu Assif », relevant de la commune d’Ait Bouadou célèbre la fête d’El Achoura, à l’exemple d’Akhal Averkane à Béni Douala de la même manière. Néanmoins, pour le visiteur, le village d’Ait Houalhadj est très pittoresque d’autant plus qu’il se trouve à l’intérieur du parc national du Djurdjura et niché sur le flanc de l’immense montagne rocheuse. Au demeurant, la découverte de ce hameau du fin fond du monde est révélatrice de la situation sociale des villageois qui n’ont que les oliviers pour subsister à defaut de s’expatrier. Pour se rendre au hameau, il faut prendre le chemin qui monte vers Ait Bouadou à partir du carrefour se trouvant au centre de Souk N’tleta sur la RN 30 à quelques encablures des Ouadhias. La côte est vraiment raide et les voitures trop chargées ou peu puissantes doivent prier le ciel tout proche avant de grimper. Au fur et à mesure de l’avancée, le massif majestueux du Djurdjura offre un spectacle splendide surtout est couvert de son manteau blanc. Après trois kilomètres d’une pénible ascension, un petit plateau à l’orée de Ait Bouadou vous permet de souffler et de reprendre des forces tout en admirant la vallée sud de Tizi Ouzou. Ensuite, il faut emprunter le chemin étroit entre les oliviers et les maisons qui ont accaparé la chaussée pour descendre au fond de l’oued qui coule en toute saison. Cette unique voie, qui conduit au hameau d’Ait Houalhadj représente un véritable calvaire le jour de l’Achoura à cause de la circulation de centaines de véhicules roulant dans les deux sens et des milliers de piétons. Il faut parfois deux à trois heures pour effectuer ce trajet de deux kilomètres de long. A partir du cours d’eau et après avoir traversé le pont, c’est une autre côte moins pénible qui vous accueille sur près de cinq cent mètres. Au demeurant, en ce jour, les jeunes du village se mobilisent pour réguler la circulation et assurer le gardiennage des véhicules qui ne peuvent stationner à l’intérieur de la cité. C’est un flot humain où la présence féminine est plus nombreuse. Il arrive que les sages et les notables accueillent les visiteurs qui déposent des dons en espèces pour se voir gratifier des bénédictions de ces derniers. Un peu plus loin, la cuisine ne s’arrête pas de toute la journée, les plats de couscous accompagnés de viande défilent sans discontinuité. Il reste que cette journée donne l’occasion à toutes les jeunes filles non mariées de sortir avec leurs familles ou des amies. Elles ont toute la journée pour se faire remarquer des jeunes hommes à l’affût et prêts à prendre sur le champ les renseignements nécessaires si un coup de foudre venait à se produire. Néanmoins, aucun écart de conduite n’est toléré de part et d’autre. Enfin, il est regrettable que les membres du comité de ce village gardent le plus grand mutisme devant les questions des journalistes avancent toujours le prétexte « que ce n’est pas le moment ».

Essaid N’Ait Kaci

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