La wilaya de Bouira aura son propre centre pédagogique pour la prise en charge des enfants atteints d’autisme. C’est du moins ce que nous a assuré hier, la directrice de l’action sociale (DAS) de la wilaya de Bouira, Mme Harkat. Cette nouvelle structure spécialisée mettra un terme aux souffrances des nombreux parents d’enfants autistes de la wilaya de Bouira, lesquels l’attendaient depuis plusieurs années. Une école qui aura comme principale mission de prendre en charge, sur l’ensemble des aspects, les enfants atteints de cette maladie. En effet et d’après la même responsable, le futur centre aura comme domicile l’ancien siège du service d’urbanisme de la commune de Bouira. Situé en plein centre-ville, ce siège dispose de la majorité des commodités nécessaires, notamment des salles et des bureaux qui seront mis au service de la DAS. «Il s’agit d’un important acquis pour notre wilaya. Cette nouvelle structure offrira toutes les conditions nécessaires, notamment pédagogiques, psychologiques et médicales, pour tous les enfants autistes de notre wilaya. Elle soulagera aussi la souffrance des parents au niveau de notre wilaya, qui se déplacent jusqu’à Alger ou vers d’autres wilayas pour espérer trouver une place vide dans d’autres centres pour leur enfants. Ce nouveau centre prendra en charge tous les enfants autistes de notre wilaya, sans exception. Je remercie au passage le wali de Bouira, car c’est grâce à son aide que nous avons obtenu ce centre», ajoute Mme Harkat. Concernant la date de la mise en service de ce centre, notre interlocutrice assure qu’il sera inauguré dans les prochains jours. «Je ne peux pas vous avancer une date précise, mais je vous assure que son ouverture s’effectuera dans les prochains jours. Les démarches administratives ayant été finalisées, dès demain nous allons lancer des travaux pour le réaménagement des salles et pour la création aussi d’un espace vert et d’un air de jeux, deux équipements nécessaires pour une prise en charge adéquate des enfants. Une étude et une fiche technique, détaillées, seront envoyées aux services du ministère de la Solidarité pour le volet équipement et matériel. Aussi, nous allons mettre en place un listing, et ce, afin de connaître le nombre exact d’enfants atteints de cette maladie au niveau de notre wilaya», a-t-elle expliqué. Pour les effectifs qui seront affectés au niveau du centre, Mme Harkat nous fera savoir que c’est le Professeur Mahmoud Ould Taleb, enseignant hospitalo-universitaire à la faculté de médecine d’Alger et également cofondateur et médecin chef du service de pédopsychiatrie de l’EHS Drid Hocine à la clinique «Garidi II Kouba» depuis 1997, qui prendra en charge la formation et l’encadrement des équipes et des médecins du service. «M. Ould Taleb a effectivement visité la semaine dernière, le siège en question et il était très satisfait, notamment de la structure. Il s’est également engagé à venir régulièrement nous assister et former nos médecins. Il supervisera également les programmes de formation. Nous avons aussi sollicité les services de la direction de la santé pour nous affecter des médecins spécialistes. Pour le moment, nous avons deux médecins pédopsychiatres en attendant d’autres spécialités, notamment des psychologues et des oto-rhino-laryngologistes», a-t-elle assuré. À noter que plusieurs associations pour enfants handicapés se sont déjà mobilisées pour la création d’une école pour enfants autistes au niveau de la wilaya de Bouira. Des actions de sensibilisation ont été déjà programmées à l’initiative de ces associations et des parents d’enfants autistes. Ces derniers n’ont pas cessé de plaider pour que l’enfant autiste ait les mêmes droits que ses pairs non-autistes : droit à la prise en charge, à la scolarisation, à l’insertion sociale et professionnelle et au bien-être. Une bonne nouvelle donc pour des milliers de parents d’enfants autistes de la wilaya. «Effectivement, j’ai eu vent de cette information. Au départ j’avais du mal à la croire et vous ne pouvez pas imaginer ma joie et mon soulagement le jour où j’ai eu la confirmation de la part de la DAS», dira Kamel. B, père d’un enfant autiste de 12 ans, issu de la commune d’Aïn Bessem. Et d’ajouter : «J’ai effectué un parcours du combattant en essayant de l’intégrer dans une école ou crèche privée mais toutes mes tentatives ont échoué. D’après les responsables des structures éducatives, mon enfant est un malade mental. Selon eux, il doit être suivi dans un centre spécialisé. De son côté le seul centre psychopédagogique de Boumerdès est surchargé. Ce qui m’a poussé à le placer dans un centre privé à Alger, qui manque lui aussi de personnel. J’ai déjà hâte de voir mon fils prit en charge dans sa propre wilaya ! Je tiens à remercier au passage tous ceux qui se sont mobilisés pour que ce rêve devient une réalité».
O. K.
