La crise qui couve à l’APC d’El Adjiba depuis plusieurs mois déjà connaît de nouveaux rebondissements. Hier, huit membres de l’assemblée ont présenté leur démission collective. Il s’agit de sept membres élus sur une liste indépendante et d’un élu du Front El Moustakbel.
À préciser que l’APC d’El Adjiba fonctionne avec 14 élus sur les 15 qui composent habituellement l’assemblée, et ce, après la suspension de l’ex-maire M. Gasmi, impliqué dans au moins deux affaires dont une liée à la passation de marchés douteux. Dans la lettre qu’ils ont adressée au wali dont nous détenons une copie, les élus démissionnaires disent protester contre «la situation délétère dans laquelle se trouve l’APC». Situation caractérisée, selon eux, par «un conflit entre, d’un côté le maire intérimaire et ses alliés et les opposants, de l’autre côté» et ce, depuis le début de « son mandat électoral ». «Devant le climat de discorde « fitna » entretenue parmi la population et pour éviter tout dérapage à même de déboucher sur des problèmes, nous avons décidé de démissionner», écrivent les signataires du document. Pour eux, « la décision relève de la responsabilité morale ». Les élus démissionnaires ajoutent que « la démission a été décidée à l’unanimité après épuisement de toutes les voies de recours en vue de solutionner la crise ». Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que l’APC d’El Adjiba soit confrontée à une telle crise. Déjà en 2012, au lendemain des élections locales, un conflit opposant les membres de l’assemblée a retardé durant plusieurs semaines, l’installation de l’exécutif. À peine quelques mois après son installation que l’assemblée se retrouve à nouveau bloquée. En mai 2014, la majorité des élus décident du retrait de confiance à l’ex P/APC. Durant la même période, s’en est suivie la condamnation du maire de l’époque, M. Gasmi, par la justice pour une affaire d’agression. Pendant tout ce temps, l’APC restait bloquée et le maire continuait à présider l’exécutif jusqu’à ce qu’une nouvelle affaire de passation de marchés douteux éclate au début de l’année 2015. L’ex-maire sera alors condamné puis suspendu par le wali pour laisser sa place à un intérimaire que l’assemblée élira à la tête de l’exécutif. Mais aussitôt l’assemblée installée qu’un bras de fer s’engage entre le maire et son exécutif et les élus de l’opposition. La cohabitation n’a pas duré plus d’une année avant que la crise qui couvait pendant plusieurs mois ne débouche sur la démission d’hier. Le wali réussira-t-il cette fois-ci à dénouer la crise ? Seul l’avenir nous le dira.
D. M.

