Les cultures céréalières, dans la wilaya de Béjaïa, sont frappées par une maladie qui rend le grain chétif, ce qui va diminuer sensiblement le rendement cette année. Pis encore, les céréaliculteurs, qui ont obtenu des crédits bancaires, auront des difficultés à honorer leurs engagements. Pour de plus amples informations sur cette terrible maladie, nous avons consulté Benméziane Makhlouf, ingénieur agronome et président de l’association des céréaliculteurs de la wilaya de Béjaïa qui nous dire, «pas moins de 5 500 hectares entre blé dur et orge ont été emblavés dans la wilaya de Béjaïa, cette saison. Mais cette campagne a eu un début difficile, suite à une sécheresse qui s’est étalée sur toute la période hivernale allant de novembre à janvier. La pluie bien que venue tardivement en mars, a, quand même, rendu un grand espoir aux céréaliculteurs, qui ont cru à une saison sauvée si ce n’est l’apparition des maladies cryptogamiques (champignons) survenues pratiquement à travers toutes les régions de la wilaya, particulièrement à Seddouk et à El-kseur. Selon les services compétents concernés, la principale maladie, qui s’appelle la Fusariose, est causée par une forte humidité et une pluviométrie abondante. Elle affecte le grain, le rendant chétif. Systématiquement la chétivité du grain diminue les rendements, qui certainement n’atteindront pas ceux estimés à 20 qx/ha». Notre interlocuteur nous dira aussi que l’institut national de protection des végétaux a été saisi à cet effet et a dépêché une commission, qui s’est rendue sur le terrain. «Nous avons saisi l’IMPV pour venir examiner les cas avérés de cette maladie et chercher à trouver des solutions adéquates. En ce sens, un ingénieur, envoyé par cet organisme, s’est rendu sur les lieux et a pris des échantillons destinés à déterminer les types de maladies et les mesures à prendre», a ajouté notre interlocuteur. Pour conclure, cet ingénieur s’est penché sur les conséquences de cette maladie, qui va mettre en difficulté les céréaliculteurs, dont certains sont endettés. «À l’orée de la campagne moisson-battage, l’inquiétude touche les céréaliculteurs, notamment ceux ayant bénéficié de crédits bancaires dans le cadre du RFIG qui seront appelés à rembourser leurs dus dans les délais impartis avec l’argent des récoltes des céréales. Pour ce qui est des préparatifs, les services de la direction des services agricoles de la wilaya de Béjaïa ont pris les mesures nécessaires pour le lancement, dans de meilleures conditions, de la campagne de moisson-battage. Une campagne qui s’annonce difficile, car elle se fait généralement durant les grandes chaleurs auxquelles s’ajoute, cette année, le mois de Ramdhan. Un comité de veille, présidé par la wali de Béjaïa et composé de tous les acteurs de la filière, est installé pour veiller sur le bon déroulement de la campagne», a souligné cet ingénieur.
L. Beddar

