La Dépêche de Kabylie

Bibliothèque communale de Tizi-Gheniff – Émouvante veillée !

Le comité culturel de Tizi-Gheniff a organisé pour la veillée du douzième jour du Ramadhan au niveau de la bibliothèque communale du chef-lieu, une réception en l’honneur des sept (7) premiers pionniers de l’enseignement de l’Algérie post-indépendante. Ainsi, outre la présence de MM. Ahmed Mekki et Mohamed Arabi, respectivement chef de la daïra et membre de l’exécutif communal, de nombreux enseignants à la retraite ou en activités, les membres des familles des enseignants honorés ainsi que leurs anciens élèves étaient présents dans la salle. Prenant la parole, M. Mohamed Bougaci, président dudit comité a tenu, tout d’abord, à souhaiter la bienvenue et un bon Ramadhan aux autorités locales ainsi qu’à tous les présents, avant de souligner que ce petit geste du comité culturel honore tous les enseignants à travers ces pionniers qui furent les premiers, juste après l’indépendance de l’Algérie, à embrasser la carrière d’enseignants, dans des conditions extrêmement difficiles, d’autant plus que la plupart des enseignants français avaient quitté le pays. «C’est grâce aux sacrifices et au dévouement de ces hommes qui n’avaient pourtant pas un haut niveau d’instruction, pour la plupart celui du primaire, que l’Algérie a réussi sa lutte contre l’analphabétisme et l’obscurantisme. Même si beaucoup d’entre eux ne sont plus de ce monde, comme Ahmed Babaci, Ahmed Madani, Chemlal, Chérif Si Moussa, Mme Meziane, Mme Belkacem, nous tenons quand même à leur rendre hommage, comme nous tenons également à remercier ceux qui sont encore là et à leur souhaiter longue vie, à l’exemple de Mme Boudjenane», déclare l’orateur, avant de céder la parole à Monsieur le chef de daïra, qui a d’abord félicité ledit comité culturel pour toutes les activités qu’il initie, avant de rendre un vibrant hommage à tous les anciens enseignants qui, dit-il, s’étaient enrichis par leur travail en s’investissant dans l’éducation de nombreuses générations. Toutefois, avant de donner la parole à d’autres témoins, le président du comité a tenu à présenter les membres de familles de ces pionniers locaux de l’éducation disparus. «Pour moi, je garde les souvenirs de cheikh Babaci et de Cheikh Madani qui assuraient des cours d’arabe et enseignaient le coran, juste après l’indépendance. Je me rappelle, quand il faisait chaud et que je ne voulais pas rester en classe, je demandais à Cheikh Madani, que Dieu l’accueille en son vaste paradis, de me laisser aller puiser de l’eau à la source située à Aït Ali, jusqu’au jour où mon défunt oncle découvrit que je n’avais rien appris durant toute cette période d’autant plus qu’il me surprit, un jour, dehors avec un seau plein d’eau», racontera un ancien élève, qui est aujourd’hui à la retraite. Avant de clôturer cette cérémonie, des gâteaux et du thé ont été servis aux présents et des cadeaux ont été offerts aux familles de ces premiers pionniers de l’enseignement.

Essaid Mouas

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