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La ligne de demarcation n’est pas trop nette

Les SDF (Sans domicile fixe) et les aliénés mentaux sont nombreux à errer dans les rues et il serait peut-être impossible de repérer une locatité dans la wilaya de Bouira qui échapperait à ce fléau grandissant. La question, qui n’est malheureusement pas spécifique à cette région du pays, a été tout de même mûrement débattue au cours de la dernière session de l’assemblée populaire wilayale. Pour endiguer l’ampleur du phénomène, les autorités publiques avaient récemment ouvert un centre d’accueil d’une capacité de 80 lits dans le quartier Errich du chef-lieu de la wilaya. Celui-ci vient renforcer la prestation en la matière assurée jusque-là, par l’unique maison d’accueil de Lakhdaria que comptait la wilaya de Bouira. Mais, selon les responsables de la Direction des affaires sociales qui est confrontée à de sérieuses difficultés lors du ramassage des personnes vivant dans la rue, le problème que pose cette catégorie de citoyens n’est pas du tout facile à résoudre. Car, en dépit de l’ouverture d’un centre doté de toutes les commodités, les personnes concernées refusent de s’y héberger et de rompre ainsi avec les places publiques et les coins où elles avaient l’habitude de passer les nuits. A cette entrave, qui donne véritablement du fil à retordre aux responsables ainsi qu’aux agents chargés d’embarquer les Sans domicile fixe, s’ajoutent d’autres obstacles non moins importants, lesquels rendent la tâche plus difficile et l’opération de rassembler toutes ses personnes au niveau du centre, quasi-impossible. Débattant la question, les représentants du peuple et ceux de l’administration ont, à tour de rôle, soulevé les contraintes qui poussent les malheureux à préférer la rue à tout l’égard dont ils peuvent jouir en élisant domicile dans le nouveau centre d’accueil. A cet effet, le sujet, ayant retenu le plus d’attention, est relatif à l’incompatibilité qu’il peut y avoir au sein du centre entre les Sans domicile fixe jouissant de toutes leurs facultés mentales et les malades mentaux qu’on garde temporairement avant de les transférer car ils peuvent constituer un réel danger pour les autres pensionnaires. A ce titre, de sérieuses recommandations ont été émises et concernent en premier chef la Direction des affaires sociales, premier responsable qui devrait veiller au grain à l’organisation interne du centre et au suivi des personnes prises en charge afin de parer à toute éventualité fâcheuse. Certes, dans ce cas de situation et en l’absence d’une équipe de médecins spécialistes, il n’est pas toujours aisé de faire la part des choses. L’équipe chargée de ramasser les SDF ou les personnes errant dans la rue peut facilement se tromper sur l’état mental d’une personne, car a première vue, tous les SDF se ressemblent, et pouvoir détecter leur lucidité relève d’une autre démarche qui s’inscrit dans le temps ; celle-ci conduit souvent à ouvrir des enquêtes et à de profondes investigations.

Anis S.

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