Le sachet de lait à 30 DA

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Les habitants de la localité de Bouzeguène semblent ne jamais en finir avec la crise du lait en sachet, qu’ils vivent depuis des années ! Les gens se disputent l’infime quota qu’on leur livre, et ce, après d’interminables files d’attente.

D’ailleurs, nous avons constaté cela, lors d’une virée au chef-lieu de la daïra de Bouzeguène. «Il y a uniquement deux agents agréés qui nous distribuent le lait en sachet. Pire encore, l’un d’eux, pour nous procurer cette denrée, nous oblige à acheter du lait fermenté et en ce mois de Ramadhan, il nous impose même cherbet, un jus aromatisé. Cela nous rappelle les années de crise du sucre et du café. J’ai six enfants qui ne peuvent pas rester sans lait. Ma situation financière ne me permet pas d’acheter le lait en poudre qui est à 340 DA le paquet», déplore un agent à la mairie. À Bouzeguene, le prix du lait se fixe par kilométrage. Au chef-lieu, un sachet est cédé à 25 DA, tandis qu’aux épiceries des villages, les pauvres citoyens le payent à 30 DA, bien sûr avec un supplément, du jus cherbet, du petit-lait ou du lait caillé. Une triste réalité que les commerçants ne nient pas. «L’un de ces agents agréés me le vend à 26 DA, et moi je le revends à 30 DA. Je dois bien prendre une marge et puis, les gens ne sont pas obligés de venir l’acheter», dira froidement cet épicier d’un des villages de Bouzeguène. «Malheureusement, les habitants, qui ne savent plus à quel saint se vouer, se trouvent dans l’obligation de se laisser faire et d’acheter chez ces commerçants qui profitent de ces moments de crise et de l’absence des contrôleurs de prix, pour tirer un grand profit. Et pourtant, il suffit d’aller à Azazga pour se procurer 100 sachets si on le souhaite. Il est temps que les citoyens bougent pour changer cette situation», dira un citoyen. Pour trouver une explication à cette pénurie de lait, nous nous sommes rapprochés des deux agents agréés, dont l’un d’eux vend ce produit de première nécessité au marché noir à 2h00 du matin aux épiciers pour deux dinars de plus. Quant au deuxième agent, ce dernier était content de nous accueillir dans son magasin. «Je vis quotidiennement les affres de cette crise. Je veux expliquer à la population que cela ne dépend pas de nous. On travaille avec l’usine de Draâ ben Khedda qui nous livre uniquement 3 000 sachets par jour et ce, durant seulement les vendredi, mardi et samedi, ce qui fait qu’on reçoit 12 000 sachets de lait par semaine, et la demande dépasse largement l’offre. En plus de cela, le livreur vient à des heures différentes, ce qui perturbe la population», explique le deuxième agent. Il est à souligner que ladite localité compte un grand nombre d’éleveurs de vaches laitières, donc investir dans ce domaine est la seule solution pour les citoyens de sortir de cette crise, en attendant que les autorités, notamment les services concernés, règlent ce problème.

Fatima ameziane

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