Le mois de Ramadhan, sur le territoire de la commune de Sidi-Aïch et ailleurs, est devenu par la force d’itération une occasion pour des vendeurs à la sauvette d’étaler leurs marchandises, globalement constituées de produits alimentaires, comme le pain, zlabia, kalb ellouz, pains brioches, etc.
Face à l’inertie des pouvoirs publics, les vendeurs à la sauvette réinvestissent doucement les lieux où ils ont l’habitude d’élire domicile. En ce mois béni de Ramadhan, des vendeurs à la sauvette, notamment de jeunes adolescents, saisissent cette occasion pour s’adonner à un commerce illégal, dont les confiseries et autres gâteaux prisés en cette période sont alignés sur des étals de fortune sur les trottoirs des villes et autres cités. À fortiori, ce commerce juteux, ayant la peau dure, attise les convoitises de certains individus qui ne reculent devant rien pour amasser un sacré magot l’espace d’un mois. En effet, la ville de Sidi-Aïch ne fait pas exception, où des étals de fortune longent les principales rues du centre-ville. L’avenue du premier novembre qui traverse la ville de Sidi-Aïch illustre parfaitement ce cas de figure. Les produits sucrés, tant prisés par le consommateur algérien, tiennent la palme d’or dans ce registre où toutes sortes de gâteaux et kalb allouz sont proposés à ciel ouvert au gré du vent et de la poussière. Des produits étalés n’importe où/et n’importe comment, faisant fi des règles d’hygiène, et ce, au su et au vu de tout le monde. Encore une fois et comme à l’accoutumée, le mois de Ramadhan confirme les insuffisances des services de contrôle et des agents de la direction du commerce à venir à bout du commerce informel, ainsi que les difficultés des services communaux à organiser les marchés durant ce mois, où on assiste à une véritable déferlante des commerces de fortune, mais aussi la dégradation importante des conditions d’hygiène. Cela dit, au niveau des chefs-lieux des importantes agglomérations de la wilaya de Bgayet, la pratique commerciale ne s’est toutefois pas assagie, notamment sur le plan des conditions d’exposition et de conservation des denrées alimentaires. Sans bourse délier, les squatteurs placent en enfilade leurs éventaires au fil des jours et des semaines, invitant les petites gens à s’habituer à ce décor planté au milieu de leurs cités et alentour. C’est la débandade. Quant aux commerçants légaux, eux aussi exhibent leurs produits sur les trottoirs, obligeant les piétons «contribuables» à emprunter les rues à défaut de trottoirs. Ces «nouveaux débarqués» se la coulent douce sans coup férir et sans être épouvantés par les inspecteurs du commerce, d’autant plus que ces commerçants invétérés ne prêtent guère attention à la santé des riverains en leur proposant des produits peu fiables. L’expression de Jean Dutourd «Tout usage finit par se changer en abus» prend tout son sens dans une Algérie peu rigoureuse aux règles d’hygiène, face à cette situation peu rassurante vis-à-vis de la santé des consommateurs, dont la dégénérescence du produit servi cause d’énormes soucis sanitaires. L’on imagine mal le négoce de la rue prêter le flanc aux inspecteurs du commerce chargés de la fraude et de la répression des prix. Les services de contrôle de qualité et d’hygiène semblent s’inscrire aux abonnés absents. Sinon comment expliquer l’insouciance et l’impunité desdits commerçants ! Le Ramadhan, c’est la période idéale pour faire de bonnes affaires. Tout ce qui est nourriture se vend comme des «petits pains». Les effets du jeûne font que les citoyens sont peu regardants sur la qualité. Comme dirait l’autre, l’essentiel est que ça se mange… Alors, les jeunes ne se font pas prier pour en profiter. Ne manquant pas d’ingéniosité ils ont su faire du mois béni une occasion de se voir gonfler le portefeuille. Ces métiers ont la particularité de s’exercer sur les trottoirs, dans la totale illégalité et bien évidemment sans le moindre respect des normes élémentaires d’hygiène. Parmi ces métiers, on trouve bien sûr les classiques, à savoir vendeurs de zlabia et kalb elouz. Des gâteaux traditionnels, très prisés par les Algériens pour accompagner leurs «sahrate», (l’après f’tour). Avec ces confiseries qui sont vendues sur les trottoirs, vous avez droit à un supplément de «mouches ou d’abeilles». Et quand elles ne sont pas vendues sur les étals clandestins qui squattent les artères de nos villes, ce sont les épiciers, les fast-foods, marchands de légumes,… qui se mettent de la partie. Ils se transforment, le temps d’un Ramadhan, en confiseurs. Par ailleurs, le consommateur accuse le coup sans daigner bouder les produits étalés en plein air, dont les vendeurs ne sont pas à court d’arguments pour échauffer la bile aux chalands avant de les flouer. Mais, l’une des questions qui tarabustent l’esprit est la nonchalance des services concernés qui semblent ne pas avoir les coudées franches pour sévir contre les vendeurs qui fourguent des produits de piètre qualité de facto exposés aux quatre vents. Des commerçants cupides s’arrogent le droit d’occuper des espaces publics en toute impunité et ce, dans le seul objectif d’amasser des liasses. Ces derniers appliquent stricto sensu la citation du sage Pétrone «Que peuvent les lois, là où ne règne que l’argent ?».
Bachir Djaider
