Point d’ordre – L’enseigne… ment !

Au cours des années 90, de nombreux commerçants de la ville de Bouira avaient installé des frontons en tamazight sur le devant de leurs échoppes, pourtant au fil du temps, ces enseignes ont peu à peu disparu en laissant place essentiellement à des inscriptions en arabe et en français. Une disparition inexpliquée au vu des noms de ces commerces baptisés Lalla Khedidja, Djurdjura, Tamgout, Tikjda,… Des commerces qui portent parfois des noms amazighs tels Jugurtha, Gaya, Miçipsa ou Massinissa, mais dont la transcription s’effectue dorénavant en français. Au chef-lieu de la wilaya, ces exemples sont flagrants et rares sont encore les magasins disposant d’enseigne en tamazight. Pourtant, il suffit de sortir de la ville de Bouira en se rendant vers Haïzer, El Esnam, Bechloul ou M’Chedallah pour retrouver des panneaux en tamazight sur les devantures commerçantes. La localité de Raffour s’illustre, par ailleurs, avec la quasi-totalité des échoppes, notamment des restaurants qui affichent leurs enseignes en tamazight. Il faut dire que dans la région Est de Bouira, et ce depuis le milieu des années 90, les différentes APC se sont livrées batailles pour transcrire tamazight sur le fronton de ces édifices, et les conjonctures de l’époque se prêtaient favorablement pour la réalisation de la transcription en tamazight au dessus des mairies, majoritairement RCD ou FFS. Toutefois, si ces élus locaux ont fait preuve de bonne volonté pour prendre les devants en utilisant tamazight de manière officieuse, aujourd’hui, rien n’a encore été réalisé de manière officielle pour les sièges de daïras, ni du siège de wilaya de Bouira qui arbore toujours sur son fronton une transcription en langue arabe. L’austérité clamée par les officiels ne pouvant à elle seule justifier le peu d’empressement des services du ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales à s’aligner sur les autres institutions qui avaient prônées avant l’heure tamazight langue nationale et officielle. Un acquis désormais constitutionnalisé et qui devrait se traduire par des actes concrets sur le terrain. Peut être qu’ensuite, les noms des rues pourraient être transcrite en tamazight, avant que ne suivent les enseignes des médecins, avocats, pharmaciens, cliniques et autres échoppes du chef-lieu de la wilaya. L’officialisation et l’enseignement de tamazight ne peut se réduire aux bancs de l’école si l’enseigne ment à toute une société.

Bachouche I.