Draâ El-Mizan se souvient

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Comme chaque année, l'association Taneflit n'Tmazight ne rate pas l'occasion de rendre hommage à Lounès Matoub, assassiné le 25 juin 1998 à Tala Bounane sur la route menant à Ath Douala.

En effet, pour cette commémoration et avec le concours de l’APC, un programme s’étalant sur deux jours a été retenu par les organisateurs. Celui-ci a commencé dans la soirée de vendredi, avec un gala artistique animé par des chanteurs locaux, lequel a été abrité par la salle de cinéma  » El Mahgreb ».  » C’est une soirée bien réussie. Il y a eu beaucoup de monde, notamment des jeunes qui, de plus en plus, découvrent le Rebelle car même s’il a été assassiné sa voix rugit de partout », nous confiera M. Mohamed Chihaoui, en sa qualité de président de l’association Taneflit. Pour la journée d’hier, tout a commencé par une marche silencieuse à partir du siège de l’association, sur une distance d’environ un kilomètre, jusqu’à la stèle dédiée au  » Barde assassiné » sise à proximité de l’agence postale du centre-ville. Après le rituel dépôt de gerbe de fleurs devant le portrait de l’auteur  » d’aghuru », une minute de silence a été observée à sa mémoire et à celle de tous les martyrs de la démocratie et des causes justes.  » Certes, c’est un moment de recueillement qu’il faudra tenir chaque année à la mémoire de Lounes, mais c’est surtout un moment où chacun doit méditer son combat. En somme, c’est aussi un rappel au sujet de la vérité sur son assassinat qui reste toujours une exigence populaire. Que les auteurs soient démasqués et que tout le monde connaisse cette vérité cachée depuis près d’une vingtaine d’années, exigée par sa famille et tous les militants de la cause pour laquelle il a été ravi à la vie », nous dira un ancien membre du mouvement culturel berbère. Juste après, retour au siège de l’association car c’est au niveau de cette structure que les organisateurs ont tenu une exposition de photos et un panorama d’écrits journalistiques parus au lendemain de son assassinat. Dans le même ordre d’idées, l’association a poursuivi son hommage aux deux martyrs du printemps noir, à savoir Kamel Khalfouni et Samir Didouche. Un panorama de photos des blessés de cet épisode douloureux a été déroulé devant les yeux des jeunes venus se remémorer ces instants de lutte pour la démocratie et Tamazight.  » Ces photos me renvoient quinze ans en arrière. Vraiment, je me souviens comme si cela datait d’hier de ce jeudi 21 juin 2001, la journée la plus apocalyptique des événements du printemps noir, alors que la photo du Rebelle enveloppé dans un drap blanc parue à la une de tous les journaux ne me quitte pas. Nous avions marché plus d’une trentaine de kilomètres à pied pour assister à l’enterrement de Lounes. Ce sont des images qui me marqueront à vie. C’est une bonne initiative de cette association, qui revient chaque année sur ces événements. L’essentiel n’est pas encore fait vu que le flou plane toujours sur son assassinat « , nous déclarera un visiteur, la cinquantaine passée. En soirée, l’association a prévu la projection d’un film documentaire sur le parcours de Lounes avec des séquences sur ses prises de position au sujet de tous les événements qui ont secoué l’Algérie indépendante, notamment la question identitaire, le projet de société démocratique et son combat contre le terrorisme islamiste. En somme, c’est Matoub Lounes en live.

Amar Ouramdane

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