La révision de la loi portant l’âge de départ à la retraite à 60 ans, comme entériné lors de la dernière réunion de la tripartite (Gouvernement, UGTA et patronat), continue de provoquer des remous chez les syndicats autonomes de la fonction publique.
En effet, l’annonce du Premier ministre dans laquelle il indiqué que «cette disposition peut être allégée pour les métiers pénibles», n’a nullement apaisé la colère des syndicats de différents secteurs. Bien au contraire, ces derniers menacent de passer à l’action, au cas où le gouvernement ne renoncera pas à cette décision. Devant cet état de fait, le porte-parole du conseil des lycées d’Algérie (CLA) a indiqué que «le Premier ministre devrait faire face à un front social à partir de la prochaine rentrée sociale». «Un front social se prépare autours de trois principales revendications», a-t-il mis en garde. Il s’agit de la retraite, du pouvoir d’achat et de la précarité de l’emploi. En réponse à la déclaration du Premier ministre dans laquelle il affirme que «l’idée de partir en retraire à l’âge de 40 ans est inconcevable», M. Idir Achour a souligné qu’il n’y a pas de départ à la retraite à 40 ans mais plutôt à 50 ans. «Il est inconcevable de travailler 40 ans pour pouvoir partir à la retraite», a-t-il martelé. Alors que le Premier ministre plaide pour «une réhabilitation de la valeur du travail, tout en faisant observer que l’Algérie ne vit plus dans une période d’aisance financière», le porte-parole du CLA exige, de son coté à ce que le taux de validation de chaque annuité (2,5%, par année validée) servant au calcul de la pension de retraite, soit augmenté à 3%. «L’annulation de la retraite anticipée et la retraite sans conditions d’âge est actuellement au centre d’un large débat au sein des syndicats autonomes de la fonction publique qui rejettent dans le fond et dans la forme cette mesure», nous a signifié pour sa part, le chargé de communication de l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (UNPEF), M. Messaoud Amraoui. Celui-ci fera savoir qu’une deuxième réunion regroupera les 13 syndicats autonomes de la fonction publique (l’éducation nationale, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, la santé publique et l’administration), pour prendre les décisions qui s’imposent. «C’est une décision inacceptable. Personne ne pourra enseigner à l’âge de 60 ans». «Pire encore, cette mesure n’est pas dans l’intérêt des élèves, puisque le rendement d’un enseignant à l’âge de 60 ans est faible». Ces syndicats mettent en garde le gouvernement contre l’application de la décision de la tripartie concernant l’annulation de la retraite anticipée, et celle sans conditions d’âge, qui constituent, selon eux, un acquis de tous les travailleurs algériens.
L.O.Challal

