«De mémoire de résident de ce chef-lieu, je n’ai jamais vu autant de chiens roder dans les alentours. Vraiment, ils sont devenus inquiétants. Durant ces veillées ramadanèsques, ils nous menacent. Pour sortir de chez soi, il faut se munir d’un gourdin», nous confiera cet habitant d’un immeuble, sis au boulevard Ali Mellah. Effectivement, le nombre de ces canidés a doublé parce que ces bêtes viennent, dès la tombée de la nuit, fouiner dans les poubelles et les endroits initiés, ici et là pour y déposer les déchets ménagers. Selon un autre habitant, pas moins d’une quinzaine de chiens y circulent en toute tranquillité. Parfois, ajoutera notre premier interlocuteur, c’est à coup de pierres qu’ils sont éloignés. Ils sont surtout visibles sur l’accès vers la stèle Matoub Lounès tout près de la mosquée de Tighilt Bouguenni, où ils s’allongent de tout leur corps sur les dalles en ciment à la recherche d’un brin de fraîcheur nocturne. «Au mois de février dernier, il y a eu une opération d’abattage menée par l’association des chasseurs » Ourchène-Djurdjura ». Ils ont été tous abattus. Mais en l’espace de quelques mois, leur nombre a proliféré. C’est incroyable. On ne sait pas d’où ils viennent», nous répondra une source proche de l’APC. Et de poursuivre: «On dépense beaucoup d’argent pour mener des opérations à longueur d’année. On programme au moins deux opérations par an. Mais, on n’arrive pas à situer l’origine de cette prolifération. Ce sont des chiens qui n’ont pas de propriétaires. Et on ne peut incriminer personne. Mais, quand même, il faudrait que nos concitoyens participent à combattre ce genre de comportement irresponsable de certains qui jettent ces animaux dans la rue». Certes, ce responsable a raison, mais, il faudrait trouver une solution afin de dissuader les contrevenants à l’ordre public en pénalisant toute personne surprise en train de déposer dans un quelconque endroit ce genre de bêtes. Parce que, faudra-t-il aussi le souligner, non seulement ces canidés sont un danger public, mais ils sont aussi des vecteurs de transmission de maladies, telle la rage. À quand alors la protection de ces animaux de compagnie ? Et pourtant, selon le responsable, qui nous a répondu sous couvert de l’anonymat, il existe tout de même tout un arsenal de lois qui peut être déployé à l’encontre des contrevenants.
Amar Ouramdane
