Les habitants d'Ath Abdellah organisent timechret

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Timechret pour certains ou louziaâ pour d’autres est peut être l’une des traditions ancestrales qui a pu résister en dépit du changement des mentalités et du mode vie dans les villages qui ont tendance à se moderniser. Même si ce rituel est abandonné ici et là il est encore maintenu et sauvegardé fort heureusement, dans de nombreuses localités. A Tafoughalt, un village de plus de cinq mille habitants, subdivisé en neuf thijmuyaâ (pluriel de Thajmayith), seul celle des Ath Abdellah continue à sacrifier à chaque fête de l’Aïd El Fitr des moutons en offrande notamment aux couches démunies et nécessiteuses. Ainsi, pour cette année déjà les responsables de ce sous-comité de village ont préparé ce rendez-vous.  » Cela a été décidé le quinzième jours du mois de Ramadhan. Au sein de notre thajmayith, nous organisons une assemblée au milieu du mois sacré et nous décidons de la somme à collecter afin de sacrifier au moins deux bêtes. C’est-à-dire, selon le prix de ces dernières. Les moutons coûtent cher, mais on ne doit pas déroger à la règle. C’est le charme de vivre en communauté. Aussi, il ne faut pas oublier les pauvres, les orphelins et les veuves de notre quartier. Certains n’ont pas de quoi acheter un kilo de viande. En plus, si nous laissons cette tradition ancestrale partir, que nous restera-t-il de bon? Et ce n’est pas la quantité de viande qu’aura chaque foyer qui est intéressant, mais c’est plutôt ce geste collectif « , nous dira ce responsable au sein du comité des sages de Tajmayith n’Ath Abdellah. Et de poursuivre:  » c’est malheureux de voir que nos amis des autres Thijmuyaâ ont mis de côté cette tradition. Et pourtant, c’est l’une des traditions qu’il faut à tout prix sauvegarder. Car, elle sert à créer et à renforcer encore plus les liens entre familles. Puis, c’est un moment de convivialité et d’ambiance inégalable au sein de la communauté où certains se demandent le pardon si de petits problèmes les avaient opposés durant toute une année. En fait, c’est une réconciliation entre tous. Je me souviens, quand j’étais encore enfant, qu’on voyait des groupes de personnes rassemblées chacun dans un lieu bien choisi pour ce sacrifice. Aujourd’hui, il ne reste que notre quartier qui maintient ce rituel ». Ainsi, le jour de l’Aïd, les villageois d’Ath Abdellah seront au rendez-vous juste après la prière pour s’adonner à cette tâche commune en vue non seulement d’immoler ces bêtes, mais aussi pour parler d’autres problèmes que soulèverait l’assemblée, tels les amendements infligés aux absents, le nouveau règlement intérieur qui, presque chaque année, subit des changements et autres questions inhérentes à la vie en communauté. Cependant, ce qu’il y a lieu surtout de mentionner, c’est ce moment de convivialité et de fête avec, bien sûr, des instants pleins de bonheur offerts aux enfants en leur permettant de vagabonder au milieu des personnes âgées, car soulignons-le, tradition oblige, les petits bambins n’ont pas à se mêler aux adultes notamment au moment de la tenue des assemblées du quartier.

Amar Ouramdane.

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