Tous les yeux des fans du ballon rond sont rivés sur la France, hôte de la coupe d’Europe des nations. Évidemment, le peuple algérien, fervent supporteur et férus du ballon en cuir, suit de près cette compétition, de surcroit, les meilleurs joueurs sont au rendez-vous dans cette compétition hors pair. Au demeurant, que ça soit en villes ou aux villages, les mêmes scènes de liesse animent les soirées ramadhanèsques vivant au rythme de l’Euro 2016. Nombreux sont les férus du sport roi, le football, qui tiennent mordicus à ne rien rater de l’ambiance et de l’euphorie des rencontres footballistiques. Ces derniers se donnent souvent rendez-vous dans des cafés maures et des foyers de jeunes pour regarder les matchs entre amis. Il est toujours préférable d’aller dans des endroits pleins de monde pour vivre des sensations fortes en suivant son équipe favorite. «On se chamaille entre fervents supporteurs pour telles ou telles équipes, mais ça reste toujours dans un cadre convivial et bon enfant», nous dira Massi, fan de la Mannschaft. Ces derniers jours, la discussion tourne pratiquement autour du sport roi, et les pronostics vont bon train. Petits et grands s’abreuvent de toutes informations ayant trait aux joueurs et autres équipes d’Europe des nations via la presse écrite, chaînes de télévision,… Tous les moyens sont bons pour être à jour en ce qui touche au ballon rond. Les quotidiens dédiés au ballon rond s’achètent comme des petits pains. De surcroit, le marché des transferts bat son plein avant-même la clôture de l’euro 2016. Les coqueluches des verts ne sont pas en reste, car les joueurs algériens évoluant dans les championnats étrangers, connaissent, eux aussi, le bal des transferts. Les cafés maures sont devenus le terrain favori où se rencontrent les amateurs du football pour regarder les matchs retransmis ensemble dans une ambiance bon enfant. Dans le village de Boumelal, situé en contrebas de la commune de Chemini, le foyer de jeunes ne désemplit pas de monde, venu en masse pour suivre les différentes rencontres de l’Euro 2016. Un grand téléviseur orne le mur d’une salle aménagée de facto en cafeteria durant ce Ramadhan, les jeunes du village se prennent l’espace d’un temps en tifosi, en diable rouge. Une ambiance familiale embaume ces soirées ramadhanèsques dont un tournoi de football entre villageois est organisé en ce mois de carême. La crispation est tangible sur certains supporteurs zélés qui ne se retiennent pas lorsque leurs équipes favorites jouent. Des moues, des applaudissements, des cris de joie et/ou de rage… assis ou debout, ces téléspectateurs hors norme s’agitent à la moindre action et vivent le match pleinement. Samir, jeune universitaire, se dit incapable de se tenir en place. Une nervosité jusqu’au bout des doigts. Ces regroupements sont souvent enveloppés d’un cachet festif où se mêle un monde inextricable. D’autres téléspectateurs préfèrent regarder les matchs à la maison, entre amis ou membres de la famille. «Des matchs pareils, il vaut mieux les suivre en groupe. Les sensations sont autres que celles procurées en solo», dira Hakim, féru du ballon rond. À l’heure de la diffusion des matchs, à 17h et 20h, la rue est pratiquement fantomatique. No man’s land. Les ruelles sont évidées de leurs habitants. Personne n’est à l’horizon. La première intention qui vient à l’esprit d’une personne ignorant l’événement planétaire, qu’est la coupe d’Europe, est que lesdits villages sont inhabités. Les premières minutes succédant le sifflé de la fin de la rencontre libère les «fidèles» pour d’autres occupations, notamment les jeux de cartes et les dominos. Vive le foot, vive la fête !
Bachir Djaider
