Le projet d’une unité de Protection civile, accordé à la commune de Béni Maouche, prend les contours d’une Arlésienne, tant l’incertitude plane sur le dossier.
«Notre destinée se joue souvent en aparté dans des bureaux capitonnés. Les petites gens que nous sommes, sont réduits à vivre au rythme des supputations et des rumeurs», relève, fort à propos, un citoyen de Trouna, le chef-lieu communal. «Le fameux projet d’une unité de Protection civile nourrit les discussions et alimente les débats, mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, personne n’est en mesure de se prononcer sur son sort», enchaîne un autre habitant de Béni Maouche. Les responsables de la municipalité croient savoir que ce projet, inscrit dans le cadre des programmes sectoriels de développement, est remis à plus tard. «La procédure des consultations a été menée à son terme, avec la sélection d’une entreprise réalisatrice. Mais avec l’avènement de la nouvelle conjoncture économique, marquée par la baisse des revenus de l’Etat, la concrétisation de cette infrastructure publique est gelée», a déclaré en substance, le maire de Béni Maouche, sur la foi d’une information obtenue auprès des services de la wilaya. Réagissant par rapport à ce gel annoncé par les autorités, un responsable local de la fonction publique déplore que de telles structures de proximité soient sacrifiées sur l’autel de la rigueur budgétaire. «La rationalisation des dépenses est une conduite de bon sens qui doit prévaloir en toute circonstance. Cependant, on ne devrait pas, sous prétexte d’austérité priver une commune pauvre d’un équipement aussi indispensable», affirme-t-il. «L’unité de Protection civile la plus proche se trouve à Seddouk, à une vingtaine de kilomètres de Trouna. Sachant l’importance de la première intervention en cas de sinistre, ce service n’est d’aucun secours pour notre commune», dira un citoyen du village Bouikni, en plaidant pour la relance du projet.
N. M.

