Hommage à Ferhat Sakou

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C’est en hommage à Ferhat Sakou, enfant du village Boumelal, assassiné en 1994 en accomplissant son devoir de service militaire, que l’association culturelle Assirem Umazigh a organisé un tournoi de football. Une animation sportive particulière a réuni, durant les soirées de Ramadhan, de jeunes footballeurs amateurs représentant différentes équipes constituées principalement des adolescents et de quelques vétérans, au niveau du stade de proximité sis à la lisière de ladite bourgade. Le foyer de jeunes jouxtant ledit stade ne désemplissait pas de monde. La grande salle du foyer faisait office de cafeteria avec vue sur le stade. Et pour égayer la classe juvénile, des playstations, des babyfoots, du billard, de la connexion WiFi… leur ont été proposés en guise de passe-temps. Cette concentration d’activités a drainé des centaines de villageois venus en masse pour profiter de la fraîcheur de la nuit tout en profitant des rencontres footballistiques qui leur étaient proposées chaque soir. Les amateurs de glaces et autres boissons rafraîchissantes avaient l’embarras du choix. De même, un jeune coiffeur du village a élu domicile durant tout ce mois de Ramadhan au foyer de jeunes. Par la vue superbe qu’offre le stade implanté au lieudit «Tighilitiqiwin» qui servait jadis d’aire de battage du foin (annar), les villageois vennaient contempler la vallée de la Soummam sur ce belvédère que dame nature a sculpté. Pas moins de douze équipes composées de neuf joueurs ont participé à ce tournoi imprimé sous le signe de la solidarité et de la fraternité. Les Rebelles, les Bavarois, les Mangoles, les anciens, Ithran… autant de noms et de qualificatifs que les joueurs ont attribués à leurs équipes respectives. L’objectif des organisateurs de cette manifestation sportive, un groupe de jeunes universitaires et fonctionnaires de leur état, Samir, Nacer, Rezzak, Nabil, Zahir, Mohamed et Mourad en l’occurrence, était de permettre aux jeunes du village Boumelal de se retrouver quelques heures après la rupture du jeûne dans un cadre amical et fraternel. Le stade où s’est déroulé le tournoi ne désemplissait pas, puisque le spectacle et la joie étaient garantis. Le public très nombreux s’installait allégrement autour du stade qui n’est nullement équipé de gradin, mais le système D était souvent au rendez-vous. Que ce soit sur une brique, une pierre, du carton… tous les moyens étaient bons pour s’offrir la meilleure vue sur le tapis de tuf. Malgré la fatigue, les encouragements ne s’arrêtaient presque jamais. Les rencontres se sont déroulées au titre d’un tournoi pas comme les autres. Il s’agissait d’un mini-championnat du mois sacré de Ramadhan. Cette année, plusieurs équipes (12 au total) ont disputé le trophée de ce championnat. «Il est de notre devoir d’offrir le meilleur de nous-mêmes afin d’honorer la mémoire de notre regretté Ferhat, et par ricochet, apporter un tant soit peu de gaité et de joie à nos villageois», avoue avec enthousiasme, Rezzak, membre de l’association Assirem. Comme susmentionné les matchs se déroulaient après la rupture du jeûne, en sus, le stade dispose d’éclairage nécessaire pour abriter un match de foot durant la nuit. L’arbitrage était assuré par des volontaires ayant largement honoré la mission qui leur a été confiée, et non des moindres. La finale du tournoi a eu lieu lundi 5 juillet en présence d’une foule nombreuse comme à son habitude. Après le dépôt d’une gerbe de fleurs vers 18 heures sur la tombe du martyr du devoir national, Ferhat Sakou, en présence des membres de sa famille ainsi que d’autres villageois, le rendez-vous était pris pour la clôture du mini-tournoi. Il faut signaler aussi que c’était un tournoi sans enjeu aucun à partir du moment où les vainqueurs ont uniquement reçu une petite coupe. Des étrennes symboliques ont été offertes aux vainqueurs ainsi qu’à toutes les personnes ayant participé de près ou de loin à la réussite dudit tournoi de football. «Les tournois de Ramadan ont une saveur spéciale et nous en gardons de très beaux souvenirs. Il s’agit toujours d’une compétition acharnée. Même si les rencontres se déroulaient dans un fair-play exemplaire», explique un organisateur. Cependant, même si les jeunes savaient pertinemment qu’ils risquaient de contracter de graves blessures sur cette surface non adaptée à la pratique du football, mais ils se sont donnés à fond pour défendre leur équipe. «Le tournoi fut une totale réussite. Nous remercions vivement les organisateurs qui n’ont pas lésiné sur les efforts pour nous accompagner tout au long du mois de carême par des matchs au charme inégalable», nous a-t-on confié.

Bachir Djaider

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